Double récup, 2 kayakistes à la mer

Aujourd’hui à 14:00, Gilbert et moi avions deux objectifs :
– naviguer en kayak de mer au port de commerce puis au port de plaisance du Château,
– tester, en fin de sortie, la recette de la double récupération mutuelle dite « 2 kayakistes à la baille ».

Mer d’huile, peu de nuages, alors que deux remorqueurs amènent un bateau en forme de radoub, nous nous dirigeons vers le port de commerce de Brest (Finistère).

Nous longeons le port de commerce, où sont dressées les grues jaunes à robes bleues qui jalonnent les quais. Au fur et à mesure nous verrons, le Raymond Croze (navire câblier d’Orange Marine), le Nordic Trine (tanker), le Captain Tsarev (en carafe à Brest), le Thalassa (navire océanographique d’IFREMER), le Fromveur (navire à passagers qui relie Molène et Ouessant au continent), l’Attentif (remorqueur portuaire), la Recouvrance (réplique d’une goélette de 1817) et l’Abeille Bourbon (remorqueur de haute mer basé à Brest, il assure la sécurité du rail d’Ouessant).

Nous prendrons le chemin du retour après avoir visité le port de plaisance du Château (sa capacité, ajoutée à celle du port de plaisance du Moulin Blanc, fait de Brest le premier port de plaisance de Bretagne). Passé le polder, nous croiserons deux pirogues du CKB qui partent pour un parcours d’entraînement.

A quelques mètres de la cale du Spot Iroise, nous commencerons les exercices de sécurité :
– un échange de kayaks en mer,
– un esquimautage,
– puis nous testerons, pour la première fois, la recette du « deux kayakistes à la baille ».

 

 

Recette de la double récupération mutuelle, dite « 2 kayakistes à la baille » :

On exécute le préalable, en nous jetant simultanément à la baille. Nos deux kayaks sont alors renversés. Nous rapprochons nos kayaks renversés (dérive au ciel), en les tenant par les lignes de vie, pour finir par les placer entre nous, bord à bord, tous deux dans le même sens. Je suis à tribord de nos kayaks, Gilbert à bâbord.

Première étape : vider l’eau qui est entré dans le kayak de Gilbert.
Je prends en main les deux pagaies alors que Gilbert remet son kayak à l’endroit (hiloire au ciel) et le place perpendiculairement au mien sur la partie entre l’hiloire et la pointe avant de mon kayak. Ensuite Gilbert fait glisser la pointe de son kayak par dessus la coque de mon kayak. De mon côté, en prenant appui sur la coque de mon kayak avec mes pieds, je tire vers moi la pointe du kayak de Gilbert, pour finir de le hisser sur la coque de mon kayak renversé. Une fois l’avant de son kayak hissé sur l’avant du mien, Gilbert retourne son kayak (dérive au ciel), l’eau, qui était dans l’habitacle, se vide alors par l’hiloire. Quand son kayak est complètement vidé, Gilbert redresse son kayak (hiloire au ciel) et le replace à couple avec le mien, les pointes avant toujours côte à côte.

Deuxième étape : Gilbert remonte dans son kayak.
Nous sommes toujours placé de part et d’autres de nos kayaks à couple, moi à tribord tenant mon kayak, Gilbert à bâbord tenant son kayak. Je pose les pagaies en travers des ponts et je me hisse en travers de nos kayaks (Gilbert m’aide en me tirant vers lui par la bretelle de mon gilet), finalement, mon tronc est sur l’avant du kayak de Gilbert, mes cuisses sur l’avant de mon kayak. Par mon poids je solidarise et stabilise le radeau formé par nos deux kayaks. Pour plus de sûreté, je tiens la ligne de vie bâbord du kayak de Gilbert, afin d’empêcher le kayak de basculer vers l’extérieur quand Gilbert va faire sa remontée par le crochet du talon.
Gilbert fait alors une remontée « à l’anglaise » (par l’extérieur du kayak), il se place en parallèle à son kayak, la tête près de l’arrière, ses jambes au niveau de l’hiloire. En tenant les lignes de vie bâbord et tribord de son kayak, Gilbert entre une première jambe dans l’hiloire de son kayak, ensuite il se hisse tout en tournant son dos au ciel, pour terminer son mouvement allongé sur le ventre, sur le pont arrière de son kayak, alors qu’il loge sa deuxième jambe dans l’hiloire. Une fois qu’il est complètement allongé sur son kayak et bien stable, Gilbert se retourne, face au ciel, les jambes toujours dans l’hiloire, il place ses pieds sur ses cale-pieds, s’assoit et remet sa jupe. Alors je quitte ma position allongé sur les ponts avant, afin que Gilbert puisse vider mon kayak.

Troisième étape : Gilbert m’aide à remonter dans mon kayak en faisant une classique récupération en T.
Gilbert videra mon kayak, le replacera à couple avec le sien, prendra nos deux pagaies, puis se penchera complètement pour peser de tout son poids sur mon kayak afin que je puisse remonter comme lui (à l’anglaise) dans mon kayak ainsi stabilisé.

Conclusion :
En 5 minutes l’exercice de sécurité est bouclé. Nous nous disons qu’il faudra refaire l’exercice avec de la houle. Le moment délicat est le premier moment, celui où nous nous rapprochons pour placer les kayaks de mer à couple : si nous sommes éloignés l’un de l’autre au moment de la chute : le rapprochement est long et très laborieux, donc mieux vaut naviguer groupé quand nous sentons qu’il y a un risque de cabaner tous les deux ensemble.

Pendant tout l’exercice il faut garder un contact permanent avec pagaies et kayaks. Si on lâche l’un ou l’autre ; le courant aura tôt fait de nous disperser et ainsi de compliquer sérieusement la récupération.

Un peu avant 17h, on rince les kayaks de mer, vivement la prochaine sortie !

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