En kayak de mer à l’île Ronde dans une mer croisée

Jef en kayak de mer dans une mer croisée près de l'île Ronde.
Jef en kayak de mer dans une mer croisée près de l’île Ronde.

Samedi 4 janvier, BM à 13h16, coeff 103.
Prévisions pour la journée du samedi 4 janvier:
VENT : Sud à Sud-Ouest 7 à 8, mollissant 5 à 6 sur Pointe Bretagne en matinée, puis mollissant secteur Ouest 5 à 6 partout l’après-midi. Rafales.
MER : Agitée à forte.
HOULE : – Pointe Bretagne : longue d’Ouest 5 à 6,5 m, s’amortissant 4 à 5 m en fin de journée.
TEMPS : Pluie ou averses, parfois orageuses le matin.
VISIBILITE : Moyenne sous précipitations.

 

Voila 15 jours que je n’avais pas fait de kayak de mer, et j’étais enthousiaste quand Christophe nous a proposé une sortie dans l’eau qui bouge, aux abords de l’île Ronde.

Nous nous mettons à l’eau à Porz Meur, vers 14h00. Vincent utilise le kayak de mer en bois qu’il a lui-même construit. Il m’explique comment il a abaissé le pont pour plus d’ergonomie lors des esquimautages.

Nous prenons la direction de la pointe Nord-Ouest de l’île Ronde. Nous savons trouver là un mélange très tonique, composé de courants, vagues, houle et vent. Arrivé sur la zone, j’ai remarqué la particularité de notre comportement collectif, tous nous manifestons une certaine précaution à mettre la pointe de nos kayaks dans les creux et bosses de cette mer hachée. Je crois que chacun redoute que les autres soient amenés à prendre des risques pour lui venir en aide en cas de problème. Bien que je risque de donner du travail à mes partenaires, j’y vais franchement. Comme imaginé, ça balance dans tous les sens. Les vagues se heurtent les unes contre les autres, lâchant de longues mèches d’écume. Mais, après tout, c’est pour ça que nous sommes venus ici.

 

Mon kayak de mer Atlantic (North Shore) se comporte très correctement dans cette mer croisée. Ce n’est qu’à cause de mon manque d’expérience dans la gestion des appuis, que j’ai eu à faire quelques esquimautages. Pour les deux premiers esquimautages, j’ai cru que Philippe, qui était tout près, m’avait aidé à me redresser, tellement les esquimautages m’avaient semblé faciles. Mais quand, ensuite, je lui ai posé la question, il m’a dit que non, il ne m’avait pas aidé à me redresser. C’étaient donc les vagues qui m’avaient assisté dans mes esquimautages.

J’avais quand même dû enchaîner deux esquimautages à la suite, parce que n’ayant pas repris le pagayage assez vite après m’être rétabli, j’ai été renversé aussi sec la première fois. Au deuxième esquimautage, j’ai assuré la suite de mon rétablissement par un pagayage immédiat, dès mon retour à la surface. En même temps que je sentais l’eau qui ruisselait sur mon visage et redonnait de la transparence à mes verres de lunettes.

Je me fais une petite pause au nord de l’île Ronde, je sais bien que même si je me sens en forme, j’ai peut-être fait des efforts dont je n’ai pas la sensation. A ce que je sens, je n’éprouve pas de fatigue, cette pause n’est donc qu’une précaution. Extra ! J’y retourne tout de suite, avec l’idée d’en profiter le plus possible d’ici notre retour à Porz Meur, prévu pour 17h00.

Par moments, le vent souffle en rafale et j’aurai encore besoin de renouveler mes esquimautages dans le bouillon, 3 autres fois en fait.

Nous profitons tous les sept de l’énergie conjuguée de la mer et du vent. Certains d’entre nous font du surf, d’autres s’amusent à faire du rodéo dans les creux et bosses de cette mer croisée, avec des petites pauses pour prendre des photos.

A un moment, je ne vois plus deux de mes sept partenaires, dans le doute je gagne la pointe Nord, pour voir si les deux manquants ne sont pas derrière la pointe. En chemin je pose la question à Philippe qui me dit les avoir vu partir ensemble, pour faire un tour de l’île. Je suis rassuré et d’ailleurs, tournant la tête, je les vois qui reviennent par le Sud, se rapprochant de nous.

Un autre coup d’œil à la pointe me montre qu’en fait d’avancer, je suis en train de faire du surplace. C’est avec un coup de pagaie plus vigoureux que, cette fois, je passe le courant qui délimite la pointe de l’île.

Derrière, je vois que l’un d’entre nous est récupéré par les autres, je ne suis pas très expérimenté par rapport à mes compagnons, mais, quand même, je me tiens prêt à donner un coup de main, si il apparaît que je peux être utile. Inutile, ils approchent bientôt.

Nous nous regroupons au Nord de l’île Ronde pour prendre le chemin du retour, vers Porz Meur. Didier utilise sa voile de kayak, vent arrière, il file vite.

A l’arrivée nous ferons quelques exercices de sécurité. Nous nous appliquerons à esquimauter en cascade après nous être alignés face à Florence pour une petite vidéo. Philippe et Armel entreprendront avec succès un esquimautage simultané, sans pagaie. Un esquimautage où chacun attrape sous l’eau les mains de l’autre et c’est grâce à cet appui mutuel des mains que, ensemble, les deux kayakistes terminent leur esquimautage.

J’essaye quelques appuis, allongé sur l’arrière, le corps plus ou moins dans l’eau, en godillant avec ma pagaie pour maintenir un équilibre. Je m’efforce d’être le plus immergé qu’il m’est possible (la nuque et les épaules dans l’eau) sans cabaner. J’ai des progrès à faire.

Cette toute fin de sortie sera aussi l’occasion de faire 4 esquimautages de plus, volontaires cette fois.

 

.

Auteur : Jean-François Delcamp

En dehors de sa passion pour le kayak, Jean-François Delcamp est professeur de guitare classique au Conservatoire de Brest métropole.

3 réflexions sur « En kayak de mer à l’île Ronde dans une mer croisée »

Répondre à Jesús Pombo Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *