Pêche en mer, de St Pol à Agathon

Cette randonnée de 5 jours en kayak de mer, proposée par Jean-Marc et à laquelle j’ai été invité par Jacqueline, aura pour thèmes principaux la navigation et la pêche à pied dans les baies de Morlaix et Lannion. Nous serons autonomes en vivres et devrons juste nous ravitailler en eau douce en cours de route.

Tracé de notre randonnée en kayak de mer en Bretagne. En 5 jours, nous avons fait un aller et retour de 49 miles nautiques, entre Finistère et Côtes-d'Armor, de Saint Pol de Léon à l'île Agathon.
Tracé de notre randonnée en kayak de mer en Bretagne. En 5 jours, nous avons fait un aller et retour de 49 miles nautiques, entre Finistère et Côtes-d’Armor, de Saint Pol de Léon à l’île Agathon.

 

Lundi 7 juillet. Josée, Jacqueline, Jean-Marc, Gilles et moi sommes sur le départ au port de Penpoul (Saint Pol de Léon), nous allons à Primel, distant de 10 nautiques.

Pendant que Jacqueline, Jean-Marc et Gilles vont garer les voitures et remorques, Josée me montre comment pêcher les palourdes sur la grève. Le coin est généreux pour ceux qui ont l’œil exercé permettant de repérer les deux discrètes dépressions qui indiquent la présence d’une palourde. 

Ile Louet
Ile Louet
Le château du Taureau vu de l'île Louet
Le château du Taureau vu de l’île Louet
Le château du Taureau
Le château du Taureau

 

 

 

 

 

Vers 11 heures nous sommes fin prêts et entamons notre route par le sud de l’île Callot, puis nous passons par la balise de l’Enfer, l’île Ricard, l’île Louet (pique-nique), le château du Taureau, l’île Noire, l’île Stérec, la pointe Saint Samson, les Roches Jaunes, la pointe Analouesten et finalement nous débarquons dans l’anse du port du Diben à Primel.

L'île Noire
L’île Noire
Les Roches Jaunes
Les Roches Jaunes
Les Roches Jaunes
Les Roches Jaunes

 

 

 

 

 

Algue Porphyra, sur la jupe de mon kayak de mer.
Algue Porphyra, sur la jupe de mon kayak de mer.

Au cours de la navigation, Josée ramassera de la Porphyra, une algue comestible, lisse et brune qui agrémentera les pâtes au saumon dont Gilles nous régalera le soir même.

 

 

 

Jean-Marc va remettre en mer un bar trop petit
Jean-Marc va remettre en mer un bar trop petit

En route, Jean-Marc a pêché à la canne deux bars de 3 ans, bars qu’il a remis à l’eau aussitôt, car trop petits.

 

 

 

 

Aux abords de Trégastel
Aux abords de Trégastel
On est arrivé
On est arrivé

A Primel, Marc, un ami de Jean-Marc et Josée, nous accueille et nous permet de camper sur un terrain familial tout proche de la cale. Le soir, protégés de la pluie battante par une bâche, nous avons partagé le repas que nous offrait Gilles.

 

 

Départ de Trégastel
Départ de Trégastel

Mardi 8 juillet, nous nous sommes levés à 7 heures, aujourd’hui nous parcourrons 14 nautiques. Marc nous accompagne jusqu’à la pointe de Primel avec le kayak Polyform qu’il a gagné en remportant la première place d’une course en kayak de mer dans les années 80.

 

 

Entre Primel et Beg an Fry
Entre Primel et Beg an Fry

Passé la pointe de Primel, nous longeons la côte jusqu’à Beg an Fry. Prévenus par le canal 16 de nos VHF, nous écoutons le bulletin de Météo France diffusé par les sémaphores locaux sur le canal 79. Nous aurons un vent de 4, 5 Beaufort secteur nord fraichissant en soirée. De Beg an Fry, nous coupons tout droit la baie de Lannion, en direction de Trébeurden.

 

 

Pause sur l'île Milliau
Pause sur l’île Milliau
Ile Molène vue de l'île Milliau
Ile Molène vue de l’île Milliau

 

 

 

 

Peu à peu, nous approchons de l’île Milliau, où nous accosterons pour un déjeuner-repos au soleil. L’île compte une allée couverte (3000 ans av. J.-C) et une ancienne grande ferme transformée en gîte. Il y a ici plusieurs sources d’eau douce et une bonne terre qui font que l’île a été habitée jusqu’à très récemment. L’île Milliau est propriété du Conservatoire du littoral depuis 1984.

A 17 heures nous partons vers l’île Agathon en passant par la pointe du Toinot. Nous installons notre bivouac dans un champ d’herbes folles, traversé d’un petit chemin bordé d’immortelles des dunes.

Bivouac dans les herbes folles de l'île Agathon
Bivouac dans les herbes folles de l’île Agathon
 Il ne fait pas chaud avec ce vent
Il ne fait pas chaud avec ce vent
Sur l'île Agathon au couchant
Sur l’île Agathon au couchant

 

 

 

 

 

Le soir, Jacqueline nous régalera d’un Chili con carne qui réchauffera, bien à propos, nos corps refroidis par le vent. Cette île est un bon coin pour la pêche à pied et compte quelques lieux à visiter. Nous décidons, d’un commun accord, de passer ici la journée de demain. Quand le soleil se couche, nous allons tous chercher un vêtement chaud. A l’occasion, Jean-Marc nous recommande son Tee-shirt Polartec (modèle Sharkskin) qui évacue la transpiration et protège du froid.

 

Mercredi 9 juillet, grasse mat’, petit déj’, matinée pêche à pied, farniente, puis découverte de l’île Agathon (Aganton, ou Aquanton ou A Canton http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA22006079 ).

Dans l’après midi, nous visiterons les anciennes carrières de granite, la forge en ruine et la jetée (sa courte voie ferrée permettait le chargement des bateaux à marée haute).
Les anciennes carrières constituent maintenant des bassins d’eau douce qu’apprécient les oiseaux marins, comme les aigrettes garzette.
Au retour nous nous arrêterons aux deux croix carolingiennes, qui sont les vestiges possibles d’un très ancien lieu d’inhumation, situé au milieu de l’île.

Ancienne carrière, devenue un réservoir d'eau douce
Ancienne carrière, devenue un réservoir d’eau douce
La jetée avec une voie ferrée permettant le chargement des bateaux
La jetée avec une voie ferrée permettant le chargement des bateaux
Les croix carolingiennes de l'île Agathon
Les croix carolingiennes de l’île Agathon

 

 

 

 

 

 

Le soir après l’apéro, Jean-Marc et Josée nous inviteront à partager leur ragoût de pommes de terre aux algues et aux légumes, le tout accompagné de fruits de mer.

Josée me montrera comment faire la vaisselle avec le sable mouillé d’eau de mer, si la cuisine n’est pas trop grasse on rince ensuite à l’eau de mer ; ça le fait nickel !

 

Jeudi 10 juillet, vent de NO 15 nœuds, rafales à 21 nœuds, courant de flot travers de Molène au nord de l’ile Milliau, puis portant de Milliau à la pointe de Séhar, travers avant de Séhar à Locquirec, vent et courant franchement de face de Locquirec à Beg an Frey. Nous entamons notre retour en quittant Agathon à marée basse, après un long chariotage.

On quitte l'île Molène, à proximité de Trébeurden
On quitte l’île Molène, à proximité de Trébeurden

Nous allons d’abord juste en face, à 20 petites minutes ; sur l’île Molène. Là, chacun part à la pêche à pied, Jacqueline et Josée ramènent des crevettes et des algues, Jean-Marc une dorade grise. Gilles et moi restons au soleil à discuter, Gilles a beaucoup voyagé et navigué de par le monde. De temps en temps nous remontons nos cinq kayaks, alors que le flot a commencé. D’ailleurs, la marée montante rétréci la plage comme une peau de chagrin et nous oblige à manger vite fait, pour repartir avant que nos pieds ne baignent dans l’eau.

De l’île Molène, nous allons Sud Est, vers la pointe de Dourvin, puis celle de Sehar, où nous renouvelons nos provisions d’eau douce.

De là, nous repartons pour la pointe de Loquirec et longeons la côte jusqu’à Beg an Fry cumulant 13 milles nautiques pour ce jour. La navigation de Locquirec à Beg an Frey, contre courant et vent réunis, sera tonique.

Lors de la seconde guerre mondiale, les Anglais chargent le réseau de résistance VAR de trouver une plage sûre pour organiser des missions de débarquement et de ré-embarquement d’agents. Le réseau fit le choix de Beg an Fry. En ce lieu et de nuit, pendant les premiers mois de 1944, débarquèrent, avec l’aide de résistants français, des missions alliées chargées de préparer l’offensive de la libération. http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA22006053 .

Sur le GR 34, Pointe de Beg an Fry
Sur le GR 34, Pointe de Beg an Fry
20h58 Pointe de Beg an Fry
20h58 Pointe de Beg an Fry

Après le dîner, nous sommes montés sur les hauteurs de la pointe, par le sentier du GR 34.

Ce soir, comme les autres, c’était lavage des kayakistes par bain de mer au savon marin, suivi d’un petit rinçage à l’eau douce.

 

 

Vendredi 11 juillet, lever à 6 heures pour l’équipe. Nous devons parcourir 12 nautiques. Je tarde un peu et sors de ma tente quand les autres ont bien avancé les préparatifs du départ.

Le flotteur de pagaie de Jean-Marc
Le flotteur de pagaie de Jean-Marc

Sur la grève, Jean-Marc m’expliquera comment il utilise son flotteur de pagaie pour équilibrer son kayak quand il doit se stabiliser pour la pêche ou bien remonter sur son kayak par mer agitée. Jean-Marc utilise deux solides élastiques, fixés sur la ligne de vie devant l’hiloire. Élastiques qui vont relier la pagaie et son flotteur au kayak. Le flotteur est constitué de deux planches de piscine unies par trois tranches de chambre à air. Les chambres à air sont bien ajustées, pour laisser juste ce qu’il faut d’espace pour glisser la pale de la pagaie entre les planches. Ce système donne une très grande stabilité au kayak, qui, pourvu qu’on s’appuie toujours du côté du flotteur, permettra de remonter dans son kayak, même par mer agitée avec de forts coups de vent.

Josée et Gilles
Josée et Gilles
Quelques barres de céréales et on repart
Quelques barres de céréales et on repart
Une palourde, juste en arrivant sur l'île Verte
Une palourde, juste en arrivant sur l’île Verte

 

 

 

 

 

 

Pour profiter au mieux du jusant, nous quittons Beg an Fry à 8 heures, direction l’île Verte, en repassant par la pointe de Primel. La longue ligne droite passe vite en discutant les uns avec les autres. A peine arrivés sur l’île Verte, commence notre dernière pêche à pied, Jean-Marc et Josée m’ont montré comment pêcher la crevette avec un haveneau. Josée, Jacqueline et moi ramènerons un joli bol de crevettes. Jean-Marc et Josée remplissent un sac de Palourdes, Jean-Marc ramène la deuxième dorade grise qu’il a pêché à la palangre.

Pendant cette pêche, Gilles a préparé notre pique-nique de l’après pêche, il nous offre un réconfortant thé au goût raffiné et un taboulé au thon reconstituant.

On entame alors notre dernière étape, celle qui nous ramènera au port de Penpoul. Au passage Josée et moi cueillons un peu de Porphyra, croquante à souhait (en quelques secondes, sur une plaque chaude, on peut faire des chips avec cette algue, me dira Josée).

 

Ces cinq jours ont étés délicieux. Une navigation parfaite. La magie de la mer et des îles de Bretagne, la chaleur et la sollicitude de mes compagnons, la beauté des paysages, ont été le baume bienfaisant que nous avons partagé.

 

Photos prises par Josée, à la fin de la randonnée :

Jef
Jef
 Jean-Marc
Jean-Marc
Jacqueline
Jacqueline

 

 

 

 

Gilles
Gilles
Josée
Josée

Auteur : Jean-François Delcamp

En dehors de sa passion pour le kayak, Jean-François Delcamp est professeur de guitare classique au Conservatoire de Brest métropole océane.

1 pensée sur “Pêche en mer, de St Pol à Agathon”

  1. Ce que Jef ne dit pas par discrétion, c’est qu’une articulation récalcitrante m’a brutalement mis hors de combat pour portages et chariotages. Et c’est là que la vraie solidarité des kayakistes, gens de mer s’il en est, s’est révélée. Mes compagnons m’ont assisté avec gentillesse et générosité, sans affectation ni raillerie. De l’élégance maritime pur jus, que je n’oublierai jamais. J’avais mal au dos certes, mais naviguer avec un groupe d’une telle qualité, c’est un cadeau de la vie.

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