Kayak de mer dans les marmites du Golfe du Morbihan, en Bretagne sud

Surf en kayak de mer, à Berder.

Surf en kayak de mer, à Berder.

Nous nous attendions à du gros temps sur la Bretagne sud ce week-end, nous devions subir pluie et vent. C’est Nico qui a organisé cette session « randonnée et jeux en kayak de mer » des Alligators. A 9 heures, nous étions six à commencer la journée par la vague statique de Berder. Sans vent, ni pluie, nous n’avions rien qu’un soleil, d’autant plus rayonnant que nous ne l’espérions pas. Ces deux jours, nous bénéficierons d’un joli coefficient, bien comme il faut, (117 aujourd’hui, puis 111 le lendemain). Au programme : jouer en kayak de mer dans les vagues *, marches, zones de cisaillement, tourbillons, marmites, contre-courants et courants du Golfe du Morbihan.

Vers midi, nous débarquerons sur la plage sud-ouest de Port Navalo. Bientôt, nous faisons sécher nos vêtements en lézardant un peu, avant d’aller déjeuner au Bar de la plage.

Au milieu du repas, nous percevrons le vent qui se levait brusquement et, derrière la grande vitre, nous vîmes l’arbre voisin qui ployait sous les rafales, puis c’est une grêle serrée qui crépite maintenant sur les tables en bois de la terrasse ! Sympa d’avoir un toit sur la tête et d’être au chaud.

Le temps que nous en arrivions au café : rafales et grêle étaient partis vers le sud. Nous sortirons du bar comme nous y étions entré : dans la belle lumière du soleil d’hiver. 
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La suite, c’est d’abord une séance de surf à Kerpenhir, avant de prendre, avec la montante, le chemin du retour pour Larmor-Baden. Au passage nous retournerons profiter du surf sur la vague de Berder au flot, sous le regard placide des Bernaches cravant.

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Dimanche matin, nous commençons la matinée par Berder au jusant avec Jérôme. On enchaîne avec les Moutons et le Faucheur suivi des Moutons et du Faucheur et ainsi de suite, en circuit, avant de rentrer à Larmor-Baden vers 13h00, pour un pique nique reconstituant, sous l’abri bus du port.

 

 

Ce week-end a aussi été l’occasion de réviser la sécurité. Ainsi, en plus de mes esquimautages et du travail de la gîte, je me suis fait récupérer 3 fois (volontairement ou non) : en pointe (je m’appuie sur la pointe du kayak de mon sauveteur pour me redresser, merci Nico), en esquimau (je m’appuie sur la pagaie que mon sauveteur a placé à cheval sur nos kayaks placés en parallèle, merci Filou), en T ou en X (alors que je nage prés de mon kayak, mon sauveteur s’approche, il me dit de m’agripper en cochon pendu à la pointe de son kayak, pendant qu’il vide l’habitacle plein d’eau de mon kayak de mer. Ensuite il m’aide à réintégrer mon kayak en le stabilisant, merci Armel). Vous trouverez des illustrations de ces différentes techniques là : http://www.ckmer.org/files/exercicessecurite_siteckmer.pdf

 

 

Goélands à Er Lannic

Petite cerise sur le gâteau, alors que nous sommes abrités, il tombe un gros grain qui rince tous nos kayaks d’un coup, bien comme il faut.
Franchement, ce ne sera pas facile d’avoir des conditions météo aussi propices la prochaine fois.
Joli week-end !

 

 

* vagues, c’est l’eau qui va vers le haut ou vers le bas, ondule, s’élève ou se creuse. Cela quand l’eau en mouvement rencontre un obstacle à son déplacement horizontal. Que cet obstacle soit le vent, une roche (affleurant à la surface ou sous-marine), une digue, un haut fond ou un courant opposé. Les vagues chahutent les kayaks de mer, obligeant à prendre des appuis.
marche, en rivière, l’eau qui s’écoule crée des marches aux paliers qui ponctuent sa pente. En mer, à mi-marée, apparaissent des marches entre deux plans d’eau recouvrants des sols situés à des profondeurs différentes. Certaines marches se révèlent quand la mer descend, d’autres quand la mer monte. Lors de l’étale de marée, les marches disparaissent, parce que les niveaux deviennent homogènes sur toute la zone. Pour monter une marche, on porte d’abord son poids sur l’arrière du kayak de mer (pour faire monter la pointe avant). Quand la moitié du kayak a passé la marche, on porte alors son poids vers l’avant du kayak pour soulever l’arrière.
zones de cisaillement, elles sont dues à la rencontre d’un courant avec un courant opposé (contre-courant). Ces zones sont difficiles à naviguer, les mouvements de l’eau étant chaotiques. Dans ces zones instables, qui vont tantôt dans le sens du courant principal, tantôt dans le sens du contre-courant, notre kayak de mer est bousculé dans tous les sens, on prend alors les appuis qu’on peut, par réflexe, au fur et à mesure.
tourbillon ou vortex, ils sont provoqués par des mouvements d’eau tourbillonnaires qui partent vers le fond. Ces tourbillons sont les conséquences de courants sous-marins qui, en contournant un obstacle, effectuent une rotation. Si cette rotation s’amplifie, elle va donner naissance au tourbillon. Les tourbillons apparaissant et disparaissant en quelques secondes, ou minutes, dans les zones de cisaillement (zones frontières entre un courant et son contre-courant) selon l’heure de la marée. Les tourbillons sont visibles à distance.
A moins de vouloir éprouver des sensations fortes, (comme se faire aspirer avec son kayak de mer sous l’eau), il vaut mieux éviter les tourbillons. Personnellement, j’ai essayé un grand tourbillon. Grand, mais par trop fort. Ce tourbillon, qui m’a fait tourner à 360°, faisait 10 mètres de circonférence et s’animait, heureusement, au ralenti. J’en suis sorti « vite fait » en pagayant énergiquement, quand j’ai réalisé que la pointe arrière de mon kayak de mer commençait à se faire aspirer vers le bas. Maintenant, par prudence, quand je vois un tourbillon sur ma route, j’évite de passer dessus.
Aspiré à la verticale, puis éjecté de son kayak sous l’eau, un ami est ressorti l’an passé d’un tourbillon avec une dent cassée, son kayak l’avait heurté dans la brusquerie des mouvements.
marmites : c’est l’eau qui monte du fond et qui bulle, faisant comme des chapeaux de champignons à la surface. Ces marmites sont les conséquences en surface des jeux des courants sous-marins qui, en se rencontrant, créent une surpression qui s’évacue vers le haut. Comme dans les zones de cisaillement, la navigation en kayak de mer est chahuté dans les marmites, en général on cherche à en sortir ou, si possible, à les éviter. Les mouvements rapides et aléatoires des marmites font que le kayakiste est comme « scotché » sur l’eau, sa vitesse est ralentie.
contre-courants, un courant qui rencontre un obstacle provoque un contre courant qui ira en sens inverse. L’obstacle est : rocher, bouée, digue, côte, haut-fond, pointe rocheuse, pile de pont … . Le phénomène existe en rivière comme en mer. Les contre-courants sont bien utiles aux kayaks de mer, ils servent de refuges et permettent des choix de navigation et des parcours malins.
courants (de marée), ils sont provoqués par l’attraction que les luminaires (Lune et Soleil) exercent sur les grandes masses d’eau de la Terre que sont les océans. La force et la direction du courant évoluent avec le moment de la marée. En Bretagne les courants les plus puissants se situent : entre Ouessant et Molène (passage du Fromveur), entre Béniguet et le continent (chenal du Four), au Raz de Sein, à l’entrée de la ria Étel, à l’entrée du golfe du Morbihan (courant de la Jument).
En Bretagne, beaucoup de courants ont une telle puissance que vous ne pourrez qu’aller dans leur sens ou les éviter, en aucun cas vous ne pourrez les remonter. En kayak de mer, on cherche à profiter au mieux de la force motrice des courants pour se déplacer, quitte à ce que ce soit le courant qui décide de l’itinéraire. Préparer une navigation en kayak de mer, c’est faire route avec les courants, jamais contre eux.
Les courants ressemblent beaucoup à des tapis roulants. Passer d’un courant à un contre-courant demande de prévoir ses manœuvres (stop, reprise) et l’amplitude de sa gîte. En rivière, comme en mer, le courant principal est en zone dégagée, là où les profondeurs sont les plus grandes, souvent au centre de la rivière, ou à distance des côtes pour les courants marins. Alors que les contre-courants se manifestent sur les bords de la rivière, derrière les obstacles, à l’abord des côtes du continent ou des îles.
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Voir aussi Découverte et jeu dans les courants du Golfe du Morbihan et l’article d’Armelle : Les courants du Golfe par gros coeff

 

Tracé de notre randonnée en kayak de mer dans le Golfe du Morbihan, le samedi 21 février 2015

Tracé de notre randonnée en kayak de mer dans le Golfe du Morbihan, le samedi 21 février 2015.

 

Tracé de nos jeux en kayak de mer dans le Golfe du Morbihan, le dimanche 22 février 2015

Tracé de nos jeux en kayak de mer dans le Golfe du Morbihan, le dimanche 22 février 2015

 

 

 

 

 

 

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