Randonnée des 12 îles en kayak de mer

Jeudi matin, 11 février, je prends mon p’tit déj avec, sous les yeux, l’atlas des courants de la rade de Brest. Le coefficient du matin est de 108. Il est 7 heures, je devrais pouvoir donner le premier coup de pagaie vers PM +3 (9h50 ce jour). A partir d’un départ à PM +3, je calcule mes étapes, heure par heure. Je prends pour base une vitesse de 3 nœuds (3 milles nautique en une heure), à laquelle j’ajoute la poussée des courants favorables et, éventuellement, je retranche la poussée des courants opposés. Au final je pagayerai plus de 8 heures, soit 24 milles nautiques. En fait, je totaliserai 33 milles nautiques, grâce au bénéfice des 9 milles offerts par les courants favorables.

Pour tracer ma route, je m’emploie à concilier les courants avec mon idée de photographier aujourd’hui les 12 îles de la rade de Brest. Mes horaires me permettront d’arriver à PM +6 (marée basse) à l’île Perdue pour pouvoir la photographier aussi dans la foulée. L’atlas me montre que c’est possible. Ya plus qu’à !

J’achève mon solide petit déjeuner et prépare une thermos, je n’oublie pas une cagoule néoprène, la journée va être froide, je rencontrerai plusieurs grains. J’embarquerai à la cale 433 du site kayakalo.fr.

9h45, tout est paré, je glisse sur l’Aulne dans les dernières brumes matinales. L’île de Térenez approche devant moi, je passe les 4 derniers bateaux du cimetière de Landévenec et puis c’est déjà à droite l’île d’Arun et à gauche le château de l’île de Tibidy.

J’ai sous les yeux, sur le pont de mon kayak, la feuille sur laquelle j’ai noté mes étapes heure par heure. Tout baigne, les estimations s’avèrent fonctionnelles. 10H15, j’ai droit à un premier arc-en-ciel sur Landévenec et Troaon. Bientôt, je découvre la minuscule île Grise, puis passe la petite et la grande île de Bindy. Je pagaye le plus silencieusement possible, pour mieux approcher les oiseaux de la rade (goéland, cormoran, huîtrier pie, aigrette garzette, héron gris, canard, harle huppé … ).

Passé la pointe de Bindy, je prends au nord, pour aller voir l’île de la pointe du Château, à PM +5, elle est reliée au continent. En fait, seules l’île Ronde, Trébéron et l’île des Morts demeurent des îles à toutes heures. Les 9 autres ne sont entourées d’eau qu’à (grande) marée haute. Quand à l’île perdue, elle n’émerge qu’à marée basse.

Randonnée en kayak de mer, les 12 îles en rade de Brest. 1 île de Térénez, 2 île d’Arun, 3 île de Tibidy, 4 île Grise, 5 Petite île du Bindy, 6 Grande île du Bindy, 7 île de la pointe du Château, 8 île Ronde, 9 île Longue, 10 île Trébéron, 11 île des Morts, 12 île du Renard.

Randonnée en kayak de mer, les 12 îles en rade de Brest. 1 île de Térénez, 2 île d’Arun, 3 île de Tibidy, 4 île Grise, 5 Petite île du Bindy, 6 Grande île du Bindy, 7 île de la pointe du Château, 8 île Ronde, 9 île Longue, 10 île Trébéron, 11 île des Morts, 12 île du Renard.

De la pointe du château, je gagne le sud ouest. A l’approche de l’île Ronde, je vois le VN Sapeur et une flopée de navires qui encadrent un sous-marin qui fait route, en surface, vers l’île Longue. Tenant à conserver mon appareil photo, je me garde bien de photographier le sous-marin. Ayant déjà rencontré ces bâtiments en Rade, je commence à connaître les procédures et je sais que si je ne me dépêche pas de passer nettement au sud de la route du sous-marin ; je vais me faire refouler vers le nord et mon rallye photo tombera à l’eau. Alors, j’accélère la cadence.

Je vois apparaître à l’étrave d’un des navires une belle gerbe d’eau, j’ai compris : il fait route vers moi et va s’enquérir de ce que je fais ici. Je redouble d’énergie pour passer au sud, j’accélère encore. En 3 minutes le navire est juste derrière moi, à portée de voix. Le navire m’adresse un signal sonore ; je m’arrête.
– « Bonjour » dis-je à l’homme sur le pont,
– « Où allez-vous ? »,
– « Je vais à l’île du Renard »,
– « Respectez bien le balisage et la zone des 300 mètres. (Les bouées jaunes, portant la croix de Saint André, délimitent un périmètre à ne pas franchir sur le pourtour de la zone militaire de l’île Longue.)
– « Oui » réponds-je,
et je pars vers l’île du Renard.

Un instant après, le navire me rattrape et l’homme sur le pont me demande si je suis immatriculé, ce à quoi je lui réponds que oui et reprends ma route. Plus tard, à quelques mètres de l’île du Renard, j’entendrai puis verrai un hélico qui fera ostensiblement quelques tours devant moi, me signifiant qu’il vérifie ma destination.

Je me pose juste 10 minutes sur l’île du Renard, le temps de boire une soupe chaude et de manger un petit morceau. J’ai déjà pris une barre de patte d’amande il y a une heure et j’en prendrais une autre dans deux heures. Aujourd’hui, je veux voir si je peux pagayer huit heures de rang sans me faire mal, avec 7 minutes de pause toutes les heures, restauration et photos comprises : ça l’a fait !

Bientôt un nouvel arc-en-ciel englobe l’île Longue, l’île Perdue, Trébéron et l’île des Morts. Je fais des photos et puis je me place en plein cœur de la rade, entre l’île Longue et l’île Ronde et fais route plein est, afin de bénéficier du meilleur des courants favorables du flot.

Sur le chemin du retour, avant de débarquer, j’aurai une belle vue sur le Menez Hom, doré par les lumières de ce soir d’hiver. Vers Pen Ar Vir, je verrai un ciel divisé : noir d’un côté, clair et bleu de l’autre, avec le voile blanc d’une averse entre les deux zones. Les photos ci-jointes ne rendent pas complètement justice aux splendides paysages que j’ai pu voir cette journée. Je joins quand même les meilleures que j’ai faite.

Kenavo (jusqu’à ce qu’il y ait) !

 

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