Le phare d’Ar-men en kayak de mer

Samedi 14 mai, nous sommes 8 kayakistes de RKM56 à partir pour Sein. 4 partent de Pors Lanvers, ils seront rejoints par les 4 autres à partir de Pors Theolen.

Ceux qui partent de Pors Lanvers longent la réserve ornithologique du Cap Sizun, le temps est couvert, mais la visibilité est bonne. Quelques repères jalonnent le parcours, ce sont les ports abris du Cap Sizun : Pors Lesven, Heign ar Hass (le dos du chat), Brezellec (colline du guet) puis Pors-Theolen (port des tuiles, du nom du village voisin).

Randonnée en kayak de mer, de Pors Lanvers à Pors Théolen, en passant pas Sein et les phares de : la Vieille, Ar-men et Tévennec, 44 milles nautiques en 3 jours.

Randonnée en kayak de mer, de Pors Lanvers à Pors Théolen, en passant pas Sein et les phares de : la Vieille, Ar-men et Tévennec, 44 milles nautiques en 3 jours.

Nous suivons Fañch, avec Sandie, il a préparé la navigation de ce week-end prolongé.

Passé la pointe du Van, nous obliquons tous les 8 vers le phare de la Vieille. A son approche, Sandie et moi échangeons quelques phrases ; nous avons la même idée de débarquer sur l’îlot du phare.

Sandie, plus aguerrie, est la première à poser le pied sur les marches immergées du phare de la Vieille, elle m’aide aussitôt à la rejoindre, Nathalie et Fañch prennent mon kayak en charge. Nous avons peu de temps, le respect de l’horaire est important pour bénéficier des meilleures conditions de courant. Aussi, bien vite, nous ré-embarquons pour faire route vers l’île de Sein.

Brest, les coefficients de marée des 14, 15 et 16 mai 2016.

Brest, les coefficients de marée des 14, 15 et 16 mai 2016.

Ces conditions sont exceptionnelles, plus que bonnes : nous avons une houle de 20 cm, très peu de vent et un coefficient de marée de mortes-eaux qui est de 45 ce samedi. Arrivés à Sein, nous sommes accueillis par Pierre, le moniteur de kayak à Sein.

On se sent bien sur l’île, les Sénans sont chaleureux et, merveille rare, on peut laisser nos affaires sur le quai en toute confiance. Quelques Sénans nous parlerons de leurs pratiques de loisir du kayak de rivière en K1 ou K2, à l’époque des années 1970.

 

Dimanche 15 mai, 10 heures, nous embarquons. Notre navigation nous mène à longer la rive sud de Sein, la tour du Guéveur (corne à brume) puis à longer le « Pont de Sein » (succession de roches, traversées par de forts courants, qui part de Sein et se termine un peu après le phare d’Ar-men). Avec la fin du flot, nous avons un courant traversier qui porte au nord, nous suivons donc un cap augmenté vers le sud, pour compenser la dérive due au courant. Nous suivrons « à la lettre » le plan de navigation de Fañch et Sandie tout le week-end et nous arriverons toujours pile-poil en lieu, temps et heure, comme prévu !

En route, Jacques verra s’approcher de lui deux dauphins (voir photo). Véro, Nathalie et Thierry, qui ne tiennent pas à manger en mer, continuent leur navigation en s’en retournant vers Sein pour le déjeuner. Ils nous apprendrons à notre retour qu’un groupe de kayakistes de « Trégor-Goëlo Kayak de Mer » est également sur l’île et s’est également rendu au phare d’Ar-men ce matin, un peu avant notre groupe. (Nous ne sommes pas les seuls à scruter la météo et les coefficients de marées, à la recherche de « la » bonne fenêtre pour aller à Ar-men.)

Vers 12h30, nous voila devant Ar-men, le phare mythique de Bretagne, « l’enfer des enfers » comme l’ont surnommé ses gardiens successifs. Ar-men est très isolé, bruyant, exposé (au point que les tempêtes font trembler tout l’édifice), il est humide et guère confortable, le phare ne comporte ni salle de bains, ni chauffage. Des fois, le mauvais temps obligeait à reporter la relève des gardiens. La dernière relève d’Ar-Men a eu lieu le 10 avril 1990. Depuis l’automatisation du phare, les visites d’entretien s’effectuent par hélicoptère. Une fois par an, des plongeurs inspectent la base du phare.

Sandie, la première, monte à l’échelle. Je la rejoins, après avoir, moi aussi, amarré mon kayak avec mon bout de remorquage. C’est l’étale de marée haute et il n’y a pas trop de barreaux à monter. Nous avons beaucoup de chance lors de notre accostage au phare, le vent et la houle sont minimaux de concert, comme très rarement dans l’année.

Sur le plateau du phare, les sourires éclairent nos visages. Nous ressentons la chance que nous avons d’être présents sur ce phare qui habite nos imaginaires depuis que nous aimons le monde maritime.

Autant Sandie remonte toute seule dans son bateau, autant je serai reconnaissant d’être aidé par Sandie et Fañch pour remonter dans le mien.

Dominique, Sandie, Jacques, Fañch et moi faisons un radeau sous le phare, pour partager notre repas. C’est dans le bon créneau : notre radeau n’accusera aucune dérive d’ici la fin de notre collation.

Nous rentrons par la même route sud, repassons par la tourelle d’An Amouic. A l’approche de Sein, nous entrons dans la zone des roches du « Pont de Sein », nous y verrons quelques phoques, adultes et jeunes, jouer dans les veines d’eau.

Nous terminons notre navigation du jour en logeant la côte nord de Sein, passons devant le phare de Goulenez (grand phare de Sein), puis c’est le port de Sein et le phare de Men Brial.

 

Lundi 16 mai, c’est notre dernier jour de rando. Ce lundi de retour sera placé, comme les deux jours précédents, sous le signe de la convivialité et du plaisir commun de la randonnée, cela jusqu’à la dernière minute.

Nous commençons par quitter Sein pour Tévennec, où Sandie et moi débarquons. Pour ne pas abîmer mon kayak, je le confierai à Jacques, pendant que j’irai à la nage sur l’îlot de Tévennec. Là encore, nous faisons quelques photos, le panorama est splendide. Jacques m’aidera à remonter dans mon kayak, après ma petite nage de retour.

Nous faisons ensuite route vers la baie des Trépassés. Je propose au groupe de pousser jusqu’au port abri de Vorlenn. L’idée plaît et nous voici bientôt sur l’étape finale qui va nous mener de Vorlenn à Théolen, par les passes, le « rase-cailloux », les grottes de la pointe du Van et, exceptionnellement, pour certains, par le « saute-cailloux » : on passe sur la roche exactement au bref moment où la vague la recouvre (c’est un jeu dangereux pour la coque du kayak).

Le soleil est de la partie aujourd’hui, les eaux deviennent turquoises, comme le kayak de Nathalie. Avec Véro, Thierry et les autres, le plaisir de partager tant de beautés est à son maxi.

Un petit pot final, au café de Théolen et chacun rentre chez soi, des images plein la tête et le cœur reconnaissant.

 

 

 

*** Notez que ce genre de randonnée demande une très bonne expérience de la navigation engagée, une pratique assidue des exercices de sécurité, une excellente forme physique ainsi qu’un matériel adapté, plus une connaissance approfondie de la zone de navigation, le tout pour chaque membre du groupe.

7 réflexions au sujet de « Le phare d’Ar-men en kayak de mer »

    1. Jean-François Delcamp Auteur de l’article

      C’est gentil Pascal, il y a longtemps que je rêvais d’aller approcher mes pagaies de ce phare si célèbre. Avec la météo qu’on a eu, c’était l’occasion ou jamais.

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    1. Jean-François Delcamp Auteur de l’article

      Merci Luc, faut juste scruter la météo. On recherche la conjonction d’une marée de mortes-eaux avec la pétole … et c’est bon !

      Peut-être cet été, le 13 juillet, par exemple, il y a un coefficient de 39 !

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  1. Warin Gervais

    Merci Jean François, chouette randonnée agrémentée de superbes photos, j’ai été surpris en te lisant le samedi vous aviez pratiquement pétole, alors que nous à Molène nous avons du repousser au dimanche le passage du Fromveur à cause d’un vent de 4/5 et d’une mer moutonneuse ?? le dimanche c’était nettement mieux. (CR sur forum kayak)

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