Tour de Ouessant en kayak de mer, août 2016

Samedi 27 août, Pascal (ayant repéré une bonne fenêtre météo du lundi 29 au mercredi 31) nous invitait à un tour de Ouessant en kayak de mer. Lundi, nous irions à Molène, mardi nous ferions le tour de Ouessant et mercredi verrait notre retour sur le continent.

 

Tour de l’île d’Ouessant en kayak de mer, une randonnée de 46 nautiques.

Tour de l’île d’Ouessant en kayak de mer, une randonnée de 46 nautiques.

Lundi 29 août, 12 heures, Porzliogan. Sur la plage, nos kayaks sont bien chargés, Gilbert et Luc avancent les leurs dans l’eau et partent, Pascal et moi faisons de même. Nous ne nous rendons pas compte que nous laissons Didier seul pour avancer son kayak jusqu’à l’eau. Didier nous confiera plus tard qu’il a porté son kayak chargé mètre par mètre jusqu’à l’eau, en le portant par l’hiloire. Nous avons été bien égoïstes et distraits sur ce départ là. Je peux dire qu’ensuite nous faisions tous attention à ce que Didier ne soit jamais seul à l’embarquement.

Cela dit, Didier nous rejoint, alors que Pascal nous conduit au sud, vers la pointe de Penzer. Il est midi passé, la marée monte jusqu’à 15h54 (PM de Brest), le courant du Four porte au nord, le fait de descendre au sud-ouest compensera la dérive que nous imposera le courant de flot. De la pointe de Penzer, nous prenons un cap 245 pour aller vers Béniguet sud, ensuite nous bénéficierons pleinement du courant pour monter vers Trielen, passer l’île aux Chrétiens et finalement atterrir cale Charcot, à Molène un peu avant pleine mer. Comme nous arrivons tôt, nous avons tout le temps pour monter les tentes, faire des emplettes à la supérette, prendre l’apéro et dîner. Le soir, c’est rituel ; nous faisons le tour de l’île.

 

Départ vers Les Remeurs

Départ vers Les Remeurs

Mardi 30 août, réveil à 7 heures, nous visons un départ de bonne heure. Comme nous laissons les tentes, le chargement des kayaks est rapide ; à 8h15 nous donnons le premier coup de pagaie en direction des Remeurs. De là, nous obliquerons vers la basse Pengloc’h, puis le nord de Corn Men. Nous naviguons vers le nord avec des courants qui nous portent à l’ouest. Notre départ s’est effectué 4h00 après la pleine mer (PM Brest le 30 août : 4h23 , coefficient 73). Le but de Pascal est de nous engager dans le Fromveur à un mille au nord de Kéréon. Comme cela nous évitons la zone de remous de Kéréon et rejoignons la côte d’Ouessant, au nord de la baie de Pen-ar-Roc’h.

A partir de Pen-ar-Roc’h, Didier et Gilbert entameront un rase-cailloux, Luc choisira un chemin plus éloigné des roches, quand à Pascal et moi, nous retournerons profiter de la fin de jusant sur le tapis roulant du Fromveur, en direction du sud-ouest. En fait, bien qu’ayant pris des routes différentes, nous nous retrouverons tous aux Roches de Fer et entamerons la montée vers la pointe de Pern.

Passé Pern et Nividic, Gilbert, qui connaît Ouessant, mais qui y vient pour la première fois en kayak de mer, découvre la sauvage et souveraine côte nord-ouest de Ouessant. Là, dans cette zone de brisants, les roches sont dressées vers la mer, dures et acérées. La variété de couleurs des roches est un plaisir des yeux.

Commence pour nous une séance de rase-cailloux. C’est pétole, c’est facile, nous ne manquons pas d’en profiter à fond. Notre groupe navigue à une bonne moyenne, nous passons le phare du Créac’h et le musée des Phares et Balises. Devant nous se profile l’île Keller. La passe entre Keller et Ouessant commence à s’animer d’ondulations. Ondulations qui deviendront, après notre passage, de belles vagues statiques sur lesquelles on peut surfer.

Pour l’heure, nous allons à la cale de Calgrac’h. À l’arrivée, ça manque d’eau pour bien atterrir sur la cale. Qu’à cela ne tienne, aidé par Pascal, je débarque et je hisse mon kayak sur la cale, même si « j’entends » le gelcoat de mon kayak qui me crie « pitié ! », alors qu’aidé par Didier, je tire mon kayak, en le rappant sur la roche qui borde la cale.
Pour la suite, nous unirons nos forces pour hisser les kayaks sans les abîmer.

Ce sera un régal de manger sur la hauteur de la pointe de Penn ar Ru Meur, face à Keller. Nous échangerons du melon contre du Far, du café contre des gaufrettes et le repas sera joyeux.

Nous commençons à nous dire que, vu que nous avons une bonne heure d’avance sur l’horaire prévu, vu qu’il y a pétole, il va être possible d’aller jouer à Kéréon au retour.
Il est 13h15, c’est parti !
Nous remettons les kayaks à l’eau pour une nouvelle séance de rase-cailloux qui nous mènera à Cadoran, puis au Stiff, à Porz Arland, puis jusqu’à la baie de Pen-ar-Roc’h, d’où nous commençons notre bac vers le phare de Kéréon. C’est le flot, le courant nous porte vers le nord. Nous prenons un cap sud-est, c’est la dérive occasionnée par le courant qui nous mènera au phare.

Au pied du phare de Kéréon.

Au pied du phare de Kéréon.

Nous arrivons au pied du phare une heure avant pleine mer. Nous profitons de la tranquillité du contre-courant une dizaine de minute, avant de faire notre reprise de courant au ras du phare, afin de gagner l’abri des roches de Louédog.

Il est 15h40, dans une heure c’est PM. Il reste une heure de montante. Des roches de Louédog, nous ferons des sauts de puces, profitant de chaque contre-courant pour gagner vers le sud-est, descendre vers Molène. Nous passons l’est de Bannec, puis Dider, Gilbert et moi allons vers Balanec sud, alors que Luc et Pascal choisissent de passer par Balanec nord. Il fait très beau et très chaud. Sur le chemin de Molène, j’effectuerai plusieurs « esquimautages thermiques » pour me rafraîchir.

Au final, nous nous retrouverons ensemble à la digue de Molène. Nous avons parcouru nos 28 milles dans la journée à une bonne moyenne de 4 nœuds. Nous décidons de laisser les réchauds au repos ce soir, et partons dîner des saucisses frittes « Chez Rachel ». Nous achevons la journée par un tour de l’île avec photos du coucher de soleil.

 

Ce mercredi matin, au réveil, par l’ouverture de ma tente, je vois, comme hier, une aube orange et rouge à l’est. La journée va être belle et je m’habille en jubilant d’avance.

10h06, nous donnons le premier coup de pagaie, direction Béniguet sud, en ligne droite. Les phoques, curieux, viendrons nous voir à Béniguet sud. De là, nous visons Saint Mathieu, le flot se charge de nous monter à Porzliogan.

Au passage du courant du Four, nous verrons les dauphins faire leurs cabrioles. A un moment, deux dauphins viendront vers moi, l’un d’eux passera au bord de ma coque. Quand je verrai son ventre blanc, je ferai une photo, mais la photo sera décevante, j’aurai du plonger l’appareil pour pouvoir vous montrer ce que j’ai eu sous les yeux.

Arrivés sur la plage, il est 12h30, nous déjeunons ensemble, avant de rentrer chez nous, les kayaks sur le toit des voitures.
C’était grand, c’était bon !

Une réflexion au sujet de « Tour de Ouessant en kayak de mer, août 2016 »

  1. Luc

    Beau et réaliste récit ! d’une belle et superbe navigation.

    Certes, il faut savoir qu’il s’agit d’un ventre de dauphin, mais pour qui connait la vivacité de ces petites bêtes, ton réflexe n’est pas si mou que çà !

    Répondre

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