De Saint-Cast à Cancale, randonnée en kayak de mer

Samedi 13 mai, nous nous retrouvons tous les six, pour notre premier « galop d’essai », en préparation de notre tour de Bretagne 2017. Seul manque Dave Adamson, qui habite trop loin de nous pour pouvoir partager cette navigation.
Sur le port de Saint-Cast-Le-Guildo, sont là avec moi : Erwan, Jean, Pascal, Jean-Yves et Didier. Le but du week-end, c’est de passer un bon moment ensemble dans de beaux paysages. C’est l’occasion  de voir comment nos corps réagissent à l’effort répété. De mon coté, j’ai un nouveau kayak et je m’apercevrai que je dois le charger différemment de mon précédent bateau : je dois mettre un maximum de poids dans le caisson arrière et un minimum dans le caisson avant. Sinon, par vent latéral, même avec la dérive à fond, mon bateau est trop ardent et je dois pagayer d’un seul coté pour aller droit.

Notre navigation du week-end consiste en un aller et retour de Saint-Cast-le-Guildo à Port Picain (Cancale), soit 37 milles nautiques. Nous embarquons à la cale Canevez, sous le sémaphore, au nord du port. La cale est pratique, il y a de l’eau, même à marée basse (coefficient du jour 77).

Pour l’heure, nous chargeons les bateaux au parking, puis nous les roulons sur les chariots jusqu’à l’eau. Je vois assez vite que j’ai mal chargé mon kayak, comme je le disais plus haut. De son coté Erwan doit modifier le réglage de son siège qui lui fait mal au dos. Nous nous arrêtons donc une première fois sur la plage de l’île Agot. De là nous repartons vers le phare du Grand Jardin, la mer est belle à peu agitée, le vent de sud ouest atteint un bon 4 Beaufort.

Histoire de ne pas faire deux fois la même navigation, j’ai proposé aux amis d’aller à Cancale en passant par le large, nous ferons le retour en longeant la côte.

Nous nous approchons du phare du Grand Jardin, Pascal et moi, nous sortons les appareils photos en pensant aux lecteurs de nos blogs respectifs. La navigation dans cette zone rocheuse, varie les plaisirs. Nous nous régalons du mariage, assez réussi, du soleil, des embruns et des roches. Nous nous arrêtons, plus tard, faire une deuxième pause sur l’île Cézembre. Elle n’est toujours pas déminée et son cœur est interdit aux marcheurs. Didier nous dit qu’il y a un projet de déminage partiel, qui permettrait d’établir un chemin autorisant de faire le tour de l’île en sécurité. Nous savourons la pause. Ensuite, la navigation sera plus rapide.

A partir de Cézembre nous allons vers le Fort de la Grande Conchée, de là nous profitons des courants des 3ème et 4ème heure de flot, et notre moyenne passe de 3 à 4 nœuds. Cela nous convient bien ; nous arriverons à Port Picain une heure avant la tombée du jour. A l’approche de la pointe du Grouin, nous bénéficions d’une visibilité exceptionnelle, jusqu’à 60 km. Nous voyons parfaitement les îles Chausey, la péninsule du Cotentin, même les immeubles blancs de Granville sont visibles. Un peu plus tard, passé la pointe du Grouin, au sortir du chenal de la Vieille Rivière, nous verrons la célèbre silhouette du Mont-Saint Michel.

A l’approche de l’Auberge de jeunesse, Didier me signale par VHF que nous sommes presque arrivés, nous verrons qu’il connait mieux les lieux que moi, mais mes souvenirs pas bien exacts me font croire que l’Auberge est plus loin, alors j’engage mes compagnons à poursuivre la navigation et à passer la prochaine pointe. Puis, quelques minutes après, je remarque, là où Didier le disait, une toiture qui ressemble bien à celle de l’auberge. Pascal confirme avec son GPS : nous sommes bien arrivés, pas besoin d’aller plus loin. C’est joyeusement, contents de cesser l’effort de pagayer contre le vent, que nous entamons notre arrivée sur Port Picain.

Le temps de poser les kayaks sur la pelouse, de monter les marches, et en avant la cuisine ! Je prépare la choucroute qui va nous requinquer. Jérôme, le président de CK/mer, m’a montré comment ne pas la laisser attacher (on ajoute un demi litre de bière dans le faitout pour 6 personnes), je laisse cuire les ingrédients et, nous allons voir nos chambres. Nous avons deux chambres ; une pour 4 et une pour deux. Ce sera le groupe des 4 ronfleurs, auquel j’ai l’honneur d’appartenir, qui prendra la chambre de 4.

S’ensuit un repas animé, riches d’anecdotes sur nos métiers et sur notre passion commune du kayak de mer.

Dimanche 14 mai, lever à 8h00, petit déjeuner à l’auberge de jeunesse et mise à l’eau à 9h53 (pleine mer de Saint-Malo).
Nous naviguons près de la côte, face à la légère brise d’ouest (2 Bft). Nous passons devant le Fort du Guesclin, où résida le chanteur Léo Ferré de 1959 à 1968, y composant de nombreuses chansons. Un peu plus loin nous marquons une petite pause devant les rochers sculptés de Rothéneuf : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rochers_sculpt%C3%A9s_de_Roth%C3%A9neuf .

A l’approche de Saint-Malo, Didier nous recommande de nous arrêter à l’île du Grand Bé pour le déjeuner. Sur les hauteurs de cette île, nous avons une vue splendide sur l’ensemble de la côte d’Émeraude. Nous voyons les quatre forts en mer, l’île de Cézembre, le phare du Grand Jardin et les différentes pointes qui ponctuent la côte, de la pointe du Grouin à l’est au cap  Fréhel à l’ouest.

Nous approchons ensuite Dinard, où nous rencontrons les amis de kayakistesdemer.org et CK/mer. Passé la pointe du Décollé, pour ne pas rentrer trop tard chez nous, nous entamons une ligne droite jusqu’à Saint-Cast.

« Le bonheur est sur l’eau » dit Agnès Penisson, c’est vrai, vivement notre prochaine randonnée !

Auteur : Jean-François Delcamp

En dehors de sa passion pour le kayak, Jean-François Delcamp est professeur de guitare classique au Conservatoire de Brest métropole océane.

1 pensée sur “De Saint-Cast à Cancale, randonnée en kayak de mer”

  1. Excellent compte rendu Jef.
    Merci pour le partage et les photos.
    Un super week-end en très bonne compagnie.
    Vivement la prochaine rando.
    Pascal

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