Randonnée en kayak de mer à l’île de Molène ! Par la passe de la Chimère

Randonnée en kayaks de mer entre Quéménès et son lédénez, dans l'archipel de Molène.
Randonnée en kayaks de mer entre Quéménès et son lédénez, dans l’archipel de Molène.

Début avril, je proposais, sur le forum kayakistesdemer.org, une randonnée à Molène en kayak de mer  http://www.kayakistesdemer.org/viewtopic.php?f=76&t=12707 , le week-end des 17 et 18 juin 2017. Si la météo empêchait cette randonnée, j’aurais proposé une autre navigation quelque part en Bretagne, dans une zone abritée.

Quelques jours avant, Météo France annonçait pour le samedi un 3 à 5 Beaufort sur la pointe Bretagne, avec une mer peu agitée à agitée. Un dimanche plus calme, du grand soleil tout le week-end.
En fait nous aurons plutôt du 3 Bft le samedi. Même si le vent sera plus nourri sous les longues rafales de fin d’après midi. La mer sera belle à peu agitée. Nos tops thermiques seront, quand même, mouillés par quelques rares déferlantes ; dans la passe de la Chimère, au début du flot, alors que le vent commençait à s’opposer au courant.

Ce samedi 17 juin, après midi, nous sommes cinq à partir pour Molène. Sylvie, l’épouse de Bakoko, prend le bateau de la Penn ar Bed. Alors que Bakoko, Gervais, Jérôme et moi partons de la plage de Porsliogan. Le petit parking de Porsliogan est archi complet, nous garons nos voitures sur l’herbe qui borde le parking. Gervais, arrivé le premier, a déjà descendu son kayak sur la plage.

Nous autres le rejoignons en nous entre aidant efficacement. Finalement, nous partons avec un peu d’avance vers notre première étape : Béniguet nord. A ce moment (PM+5), le courant nous porte au sud, à raison de 2 milles nautiques en 1h20 de traversée. J’ai proposé un cap 315°, pour une route fond au 288°. A l’arrivée nous constatons que nous pagayons bien, puisse que nous arrivons avec 10 minutes d’avance.

Himanthalia elongata (spaghetti de mer) au plateau des Belveignou.
Himanthalia elongata (spaghetti de mer) au plateau des Belveignou.

Pour la suite, nous naviguerons à vue, j’ai bien prévu des routes fond et des caps compas, mais ils ne sont là qu’à titre indicatif. De Béniguet à Quéménes ouest, nous privilégions de passer par le plateau des Belveignou pour rejoindre Morgol. Nous verrons de nombreux phoques au repos (PM+6) sur les roches du plateau. Nous détournerons nos kayaks pour nous écarter d’eux et les laisser profiter tranquillement du soleil. Malgré nos efforts, certains préféreront se mettre à l’eau, où ils sont maîtres du territoire, plutôt que de rester sur la roche où ils sont à découvert et se déplacent avec efforts.

De Morgol, nous passons au Cromic, la mer est alors trop basse pour nous permettre le passage entre Quéménes et son Lédénez. Aussi nous longeons la côte sud de Quéménes, un peu protégés du vent de nordet par le relief. Nous faisons une pause juste avant de nous engager dans la passe de la Chimère. Mais c’est difficile de rester sur place, le vent nous pousse au sud dès que nos kayaks dépassent du maigre abri que nous offre quelque roche, plus haute que les autres.

Même si nous ne sommes que dans la première heure du flot ; le vent de nordet qui s’oppose au courant de sud-ouest fait lever la mer localement. C’est dans ce dernier tronçon, qui traverse la passe, que nous prendrons nos paquets d’eau salés sur les tops thermiques.
Je m’étonne de voir Gervais partir tout seul vers le lédénez de Molène. Je le joins à la VHF et il modifie son cap pour se rapprocher de nous. Gervais nous expliquera plus tard qu’il n’a pas encore l’habitude de son nouveau kayak, il ne l’a pas assez chargé à l’arrière ; ce qui fait que l’arrière de son kayak dérape sous le vent, alors que la pointe avant est maintenue dans l’eau par la pression de l’avancée du kayak. C’est vrai qu’à ce moment là, nous avions du 4 Beaufort par le travers. Moi et Jérôme, lui relayons le savoir que nous ont transmis nos moniteurs et compagnons expérimentés de navigation : http://www.randokayak.com/2015/01/09/kayak-de-mer-ardent-neutre-mou/ .

A l’arrivée, Sylvie nous attend sur la cale Charcot. Nous montons les tentes sur le terrain du camping municipal de Molène, tout près de la cale. Puis nous filons chez Rachel, où, Bakoko et Sylvie ont loué une chambre au gîte. Passé la première tournée de bière offerte par Gervais, c’est là que nous dînons tous les cinq. La deuxième tournée (Tripel Karmeliet) nous est offerte par Jérôme. Ensuite on passe au rosé pour les uns, à l’Adelscott pour les autres. Passé le bon moment du délicieux repas de Sylvie, nous allons voir le coucher de soleil sur Ouessant.

 

 

Dimanche matin, le vent est tombé, un grand soleil inonde l’archipel jusqu’au continent. Nous partons pour cette navigation de retour avec gourmandise.

Jérôme embarque à la mode Speed launch (photo de Sylvie)
Jérôme embarque à la mode Speed launch (photo de Sylvie)

Jérôme nous montrera comment il embarque en lançant son kayak puis en s’allongeant sur l’arrière. Peu avant nous avions parlé de Leon Sommé et de sa vidéo très sympathique, joyeuse et pleine d’énergie. Agrippé à l’hiloire Jérôme remonte le kayak vers l’avant, jusqu’à s’asseoir dans l’habitacle.

 

 

 

 

 

En kayaks de mer entre Quéménès et son lédénez, dans l'archipel de Molène.
En kayaks de mer entre Quéménès et son lédénez, dans l’archipel de Molène.

Cette fois, nous avons assez d’eau (PM-2) pour passer entre Quéménès et son lédénez. L’eau est cristalline, cela me donne l’occasion d’observer les courants grâce aux algues qui penchent. Les algues inclinés révèlent les forces et directions des courants. Je profite de mes observations pour raser un peu plus la côte, où je trouve un contre-courant au courant principal de flot, qui pénètre entre Quéménès et son lédénez.

 

 

 

 

Approche de Béniguet par le sud.
Approche de Béniguet par le sud.

Passé Quéménès, la préférence du groupe va à descendre au sud de Béniguet en passant par l’ouest. Nous remonterons ensuite l’île par l’est, jusqu’au sentier de passage, qui autorise les pécheurs à pied à couper l’île d’est en ouest. Ailleurs, l’île est interdite toute l’année, seul l’estran et le passage sont autorisés. L’île de Béniguet abrite de nombreux oiseaux protégés, dont l’une des plus grandes colonies de Goélands de France. Béniguet héberge également des espèces plus rares. Certaines sont fragiles et menacées, comme les sternes et les gravelots.

Sur l’île, nous trouvons un coin d’ombre, offert par les murs encore dressés d’une battisse dont le toit n’est plus. Bakoko y pose la nappe et nous régale du repas qu’ils nous ont préparé lui et Sylvie. En apéro, Jérôme nous offre des toasts et Gervais des cacahuètes.

L’instant est très agréable et c’est sans aucunement nous presser que nous quittons l’île.

Gervais navigue tout près de la côte pour remonter l’île, aidé par le contre courant. Nous l’accompagnons jusqu’à la pointe est, d’où nous prenons un cap, entre 60° et 70° pour franchir le chenal du Four, vers Porsliogan.

Notre bac nous mènera jusqu’à la pointe des Renards. Là, nous voyons une petite compagnie de grands Dauphins. Les grands Dauphins sont à table et font les grandes cabrioles qui les propulsent vers leur repas sous-marin, au cœur d’un banc de poissons.

C’était une délicieuse randonnée, vivement la prochaine !
Une petite pensée pour notre ami, moniteur de kayak, Pascal, qui commence sa convalescence ces jours-ci.

Auteur : Jean-François Delcamp

En dehors de sa passion pour le kayak, Jean-François Delcamp est professeur de guitare classique au Conservatoire de Brest métropole.

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