Tour de Bretagne en kayak, le Bilan

Tour de Bretagne en kayak de mer.

Tour de Bretagne en kayak de mer.

Cette page fait le bilan de notre Tour de Bretagne en kayak de mer, de Cancale à Larmor-Baden du 8 au 27 juillet 2017.

Le récit de cette randonnée, avec les photos est là : http://www.randokayak.com/2017/07/29/tour-de-bretagne-en-kayak-de-mer-de-cancale-a-larmor-baden-du-8-au-27-juillet-2017/

 

 

 

Les enseignements quand au matériel utilisé :
Concernant le matériel à emporter, les contraintes des kayakistes sont liées à l’encombrement et au poids. Les contraintes de volume sont vite connues parce que les constructeurs de kayaks indiquent en litre le volume précis des caissons. Les contraintes liées à la répartition du poids sont moins évidentes à percevoir. Il faut faire des essais en condition (avec du vent de 4 ou 5 Beaufort) pour trouver la meilleure façon de charger l’avant et l’arrière de son kayak pour une randonnée. Pour ma part, je vise à atteindre un équilibre de chargement qui permette d’obtenir du bateau un comportement légèrement ardent, parce que c’est un comportent qu’on peut modifier, selon les besoins de la navigation, par l’usage, ou non, de la dérive.

Xplore-L paré pour le Tour de Bretagne en kayak de mer.

Xplore-L paré pour le Tour de Bretagne en kayak de mer.

En ce qui concerne mon bateau, un Xplore-L (5,50 mètres), je dois charger nettement plus l’arrière pour qu’il reste manœuvrant par vent latéral. Au sein d’un même caisson, le placement du chargement peut modifier le comportement du bateau. Quand je venais de ravitailler et que le caisson arrière était plein de vivres, je plaçais les liquides dans la trappe de jour, derrière le siège. Au fur et à mesure de la randonnée, alors que les vivres diminuaient, je devais déplacer le plus lourd, comme la vache à eau et les bières, de plus en plus près de la pointe arrière.

Pour conserver un kayak manœuvrant tous les jours, il faut acquérir des repères et adapter d’expérience son chargement. Ces façons de charger varient d’un modèle de kayak à un autre.

La façon que j’avais de charger mon Vaag, en 2015 et 2016, pour les randonnées n’est pas la même que celle que j’ai du adopter cette année 2017 pour charger mon Xplore-L.
– Dans le caisson avant, je place le matériel de bivouac invariable. Ce matériel comprenait : tipi, sac de couchage, duvet, matelas pneumatique, vêtements de bivouac et de mer, trousse de toilette et de lessive, téléphone, lampe frontale, cuvette pliante pour la lessive, piles et batteries, etc…
– Dans la petite trappe de pont, je mets un GPS de base, une corne de brume, de la crème solaire, mon appareil photo et une gomme pour mon ardoise de pont.
– Sur le pont avant j’ai la carte marine de la zone de navigation, ainsi qu’une petite ardoise de plongeur sur laquelle je note au crayon les horaires de marées et les repères que je prends en cours de navigation.
– Dans le caisson de jour et le caisson arrière, je loge : matériel de cuisine, couverts, trousse de secours, sangles de portages, siège pliant, cartes marines, atlas de courant, rapporteur carré et les vivres dont le poids varie constamment.
– Le matériel de sécurité (feux à main, lunettes de secours, attache lunette de secours, matériel de réparation, carte de circulation du kayak et attelle pour le poignet, se trouvent dans un sac étanche posé derrière mon siège, dans le cockpit. Dans le cockpit, derrière ou sur les cotés du siège, je place également mon paddle float gonflable, une écope qui me sert surtout de pot de chambre en mer et une éponge.
– Les pagaies de secours et la pompe sont sur le pont à l’avant ou à l’arrière. Leur placement modifie également le comportement du bateau quand il y a du vent. Pour un kayak très ardent comme mon Xplore-L, c’est un détail, mais c’est mieux de les fixer sur le pont avant.

Au total, le poids embarqué doit rester raisonnable, parce que nous portons nos kayaks chargés au moins deux fois par jours. Si possible, nous nous organisons en randonnée pour être au moins un groupe de 4 et ainsi partager le portage au mieux. Si nous sommes moins nombreux, il est sage de rouler les kayaks ou de porter le ou les kayaks et leur chargement en plusieurs fois pour épargner le dos. En moyenne les kayaks vides pèsent 26 kilos, auxquels on ajoute en moyenne 40 kilos de matériel embarqué (eau comprise), cela nous amène à un total de 65 kilos, des fois plus, des fois moins. En général, plus le randonneur est expérimenté plus son chargement est réduit.

Pour mieux comprendre le comportement des kayaks par rapport au vent, lisez : http://www.randokayak.com/2015/01/09/kayak-de-mer-ardent-neutre-mou/

 

Les équipements portés.
Sur moi, je portais slip de bain, bermuda Palm, chaussettes, chaussures montantes Palm, vareuse, lunettes de vues photochromiques (qui foncent avec le soleil) et attaches lunettes, casquette avec protège nuque, jupe néoprène pour hiloire keyhole, gilet, gants.

La VHF, le compas de relèvement, les barres énergétiques, le cyalume, le sifflet et la poche à eau se trouvent dans mon gilet. Mon casque avec pince nez est soit sur ma tête soit dans le cockpit, entre mes jambes, toujours à portée de main au cas ou la navigation nous fasse passer près de roches.

En main j’avais au départ une pagaie européenne et à la fin une groenlandaise, prêtée par Pascal.

 

Tipi Eureka WickiUP 4.

Tipi Eureka WickiUP 4.

Pour les bivouacs :
Pour s’asseoir nous avions adopté le trépied de camping de chez Decathlon à 5 €. Plié, il se range idéalement dans la pointe arrière du kayak. C’est un élément de confort pour le dos.

Pour dormir, nous utilisions des duvets, matelas pneumatiques, sursacs de bivi et des tarps ou tentes. Quand on doit être discret pour ne pas gêner les autres, le tarp et le sursac de bivi sont de meilleures options que la tente ou le tipi. Concernant le sursac, tous les kayakistes que j’ai rencontré témoignent que les modèles les moins chers (qui n’utilisent pas de tissus respirant, ni d’aération aux pieds) entraînent une condensation à l’intérieur du sursac, avec pour conséquence de se réveiller dans un duvet humide, voire trempé. Un sursac, ça peut aller jusqu’à plusieurs centaines d’euros, Pascal a un sursac de chez Millet, modèle « Bivy Bag », à 100€ dont il est satisfait.

Des kayakistes bien sages au petit matin, Photo de Pascal Jouneau.

Des kayakistes bien sages au petit matin, Photo de Pascal Jouneau.

Quand nous n’étions pas sous la tente, nous utilisions un tapis de sol, sur lequel nous posions nos matelas pneumatiques. Le tout protégé de la pluie par une toile de tarp accrochée à ce qu’on avait sous la main : branches, kayaks, pagaies. Le tapis de sol de la chambre intérieure du tipi m’a épisodiquement servi à isoler mon matelas pneumatique du sol quand j’ai dormi sous le tarp.

Pour dormir et manger sous la pluie, mon tipi a bien joué son double rôle d’abri collectif et personnel. On y a dormi à un ou deux, on y a mangé et cuisiné en chœur avec nos réchauds quand il pleuvait. Concernant mon tipi, il est possible d’y manger jusqu’à 8. Si on est plus nombreux, comme cela m’est arrivé une fois, on agrandi le tipi en y adjoignant un ou deux tarps.

 

Vêtements :

Bermuda Palm.

Bermuda Palm.

Parmi les bons matériels que j’avais pris lors de notre tour de Bretagne, il y avait le bermuda Palm, qui reste agréable à porter même mouillé et qui s’essore et sèche facilement. Ce bermuda est le meilleur vêtement d’été en Bretagne que j’ai eu depuis que je fais du kayak. J’avais aussi de chez Decathlon des tops thermiques, slips de bain, paires de chaussettes et casquette avec protège nuque. J’avais aussi une vareuse Palm pour la pluie et le vent. Être trop vêtu et suer à grosses gouttes pendant l’effort est un problème (déshydratation et fatigue rapide) aussi préoccupant que d’avoir froid parce que son top thermique est mouillé (risque possible d’hypothermie, même en été). Être habillé exactement comme il faut, selon le temps est un gage de sécurité et de confort.

Pour les jours gris, j’ai eu l’idée d’utiliser une nouvelle option : quand il y avait du vent arrière, mais qu’il ne faisait pas froid, je posais ma vareuse sur les épaules avant d’enfiler mon gilet de flottaison. Et cela me donnait la protection idéale, ni trop chaud ni trop froid. Il m’est arrivé de mal estimer ce que je devais porter, comme le matin où nous sommes partis de l’île Cigogne, mais l’expérience fait que dès que je m’en suis rendu compte, j’ai enlevé la couche en trop, sans tarder. Sachant bien que le temps que je passais à enlever le vêtement en trop était peu important par rapport à la fatigue que j’allais m’épargner en étant vêtu de la façon la mieux adaptée.

A terre j’avais un pull en polyéthylène, un pantalon et une cape de pluie. Mes sous-vêtements de navigation (chaussettes, slips et tops thermiques) servaient aussi à terre. Je n’avais aucun vêtement en coton, le coton se gorge d’eau facilement et il est long à sécher.

Pour laver le linge, j’utilisais mon savon marin et de l’eau de mer, puis, pour rincer, un peu d’eau douce additionnée d’antibactérien.

Chaussures Palm.

Chaussures Palm.

Les chaussures montantes Palm, sont un peu encombrantes, mais très sécurisantes quand on marche dans les rochers ou sur des cales rendues glissantes par les algues vertes. Ces chaussures m’ont grandement facilité les portages. La contrainte est qu’on ne peut porter ce genre de chaussures que dans des kayaks très spacieux au niveau des cales-pieds. Vérifiez avant d’acheter ces chaussures ! A terre, mes chaussures Palm étant mouillés, j’utilisais des sabots Crocs en plastique.

Pour recharger mon matériel, j’avais une batterie externe Rugged Adventure 9000mAh – X Moove (60 €) http://www.bekayak.com/batterie-externe-rugged-adventure-9000mah-x-moove.html . Elle a bien fait l’affaire. Pascal et Jean-Yves avaient un chargeur à panneaux solaires RAVPower 24W, doté de 3 Ports USB (63 €).

 

Le matériel de navigation :

Compas de relèvement IRIS 50 de Plastimo.

Compas de relèvement IRIS 50 de Plastimo.

Mon compas de relèvement, qui demande une stabilité de plusieurs secondes pour relever un cap au degré près, a parfaitement fait l’affaire par mer belle ou peu agitée. Si j’en avais eu besoin alors que la mer avait été agitée ou forte ; je n’aurais pas pu utiliser le compas de relèvement, j’aurais alors utilisé le compas du bateau qui est moins précis, parce que gradué par dizaine de degrés.

Pour le kayak, je préfère le compas fixe, vissé, dans le logement prévu par le constructeur, sur la ligne de foi du bateau. J’ai souvent vu des erreurs de 10 à 30 ° avec les compas mobiles qu’on fixe au moyen d’élastiques. Avant de ranger des matériaux métalliques dans le caisson, sous ou près du compas, passez chaque objet métallique tout près du compas pour vérifier que l’objet ne le fait pas dévier. C’est ce que j’ai eu la prudence de faire avec mon mat de tipi et mes différentes sardines de tipi (pour la terre et pour le sable), avant de les ranger dans le caisson avant.

Lors de l’étape entre Porspaul et la pointe de Dinan, la foudre que j’ai vu s’abattre au loin m’a convaincu d’abandonner la pagaie carbone (matériau conducteur) pour la pagaie bois. Pascal m’a gentiment prêté une de ses pagaies groenlandaises et, là, j’ai vu que je fatiguais moins, tout en avançant aussi vite. Par la suite, alors qu’il n’y avait plus de foudre, j’ai encore demandé à Pascal de me prêter une de ses pagaies. Maintenant et lors de mes prochaines randonnées, j’emmène une groenlandaise. J’avais souvent entendu dire que ces pagaies en bois étaient moins « traumatisantes » pour les articulations, là, je l’ai vérifié et constaté par moi-même, ce qui est beaucoup plus convainquant !

VHF Icom IC-M25EURO.

VHF Icom IC-M25EURO.

J’ai une VHF Icom IC-M25EURO à 150 €, ses avantages sont qu’elle flotte, qu’elle émet un signal rouge si elle tombe à l’eau et surtout que sa batterie ne présente pas les habituels plots extérieurs qui s’oxydent inévitablement au fil du temps. La VHF se recharge au moyen d’une toute petite prise qu’on insère dans une ouverture protégée. De plus, cette VHF se recharge avec différents accessoires du commerce 5V 1A, comme, par exemple, une prise de chargeur de téléphone portable.

 

 

 

Portage avec les sangles.

Portage avec les sangles, Photo de Jean Drouglazet.

Portage.

Portage, photo de Pascal Jouneau.

Les roulages et portages :
Pour les portages, j’avais fait faire dans une voilerie des sangles de portage sur le modèle de celles que j’avais vu utilisées par Jean Marc Terrade. Ces sangles sont constituées d’une sangle de 2,60 mètres cousue en anneau. On passe la sangle sous le kayak puis on passe les poignets dans les oreilles aux extrémités de la sangle et on maintient en serrant la sangle avec les doigts. Très pratique !

Pour le roulage, nous nous étions finalement partagé l’encombrement du chariot. Jean-Yves avait pris la structure métallique du chariot dans son kayak et moi j’avais les 2 grosses roues, logées entre mes cales pieds et la cloison avant.

 

Avitaillement et chargement du kayak :

Réchaud Trangia 27-7 Titane.

Réchaud Trangia 27-7 Titane.

j’avais pris un réchaud Trangia Titanium à alcool, me disant qu’il était facile de trouver de l’alcool à brûler dans les petites épiceries que nous trouverions sur les îles. Ce réchaud peut aussi fonctionner avec un brûleur à gaz vendu en option. Le brûleur à alcool compte un accessoire qui permet de régler la flamme et ainsi de bien maîtriser sa consommation.

Pour nos 18 jours de mer, j’avais pris 1,5 litre d’alcool, la quantité était bien adaptée à ma consommation (j’ai mangé pas mal de salades composées avec des légumes frais qui ne demandaient pas de cuisson : betteraves sous plastique, carottes, oignons, concombres, radis noir et fenouil que j’éminçais à l’économe, aussi du choux marin (trouvé sur place). De temps en temps, je ramassais des berniques, que j’aime manger cru. Pascal et moi avons utilisé pas mal de plats cuisinés des marques « Jardin BiO » et « Céréal Bio », à réchauffer au bain-marie.

Pour la sauce des salades, j’utilisais l’huile contenue dans mes boites de thon. En assaisonnement, j’avais de la sauce Saté conservée dans une toute petite bouteille en plastique, ça relève bien les plats, la sauce contenant du piment.

Pour le sel, j’en ai trouvé quand le besoin s’en faisait sentir. Dans le fromage ou le saucisson, une fois, à Ploumanac’h, nous avons mangé des chips.

Barre Amande Gerblé.

Barre Amande Gerblé.

Pour ma part je consomme très peu de pain parce qu’il est compliqué à conserver. Au petit déjeuner, je prend du « Muesli croustillant aux 7 fruits » de la marque « Terres et céréales » arrosé d’eau froide. Les céréales sont faciles à conditionner en sac ou en bouteille plastique. Pour 3 semaines, j’avais pris 4 kilos de céréales, soit 200 grammes par jour. 200 grammes au petit déjeuner me permettent d’avoir de l’énergie pendant 6 heures.

Pour les efforts intenses, ou les fins de navigation de 6 heures ou plus, j’avais pris comme en-cas des barres de pâte d’amande. Cela m’a bien convenu. J’en avais emporté 40, soit deux par jour.

 

Vache à eau Sea to Summit.

Vache à eau Sea to Summit.

Pour l’eau, j’avais une vache de 10 litres dans mon kayak et une poche à eau d’1,5 litre avec embout et tétine, que je mettais dans la poche dorsale de mon gilet.

J’avais conditionné les pâtes, le riz, les céréales en bouteilles plastique. L’avantage est que ces bouteilles se logent bien dans les pointes du kayak et qu’elles sont étanches.

Pour le chargement du kayak, je trouve les petits sacs plus pratiques que les grands, ils permettent d’utiliser le moindre espace des caissons.

 

Les oublis :
j’ai oublié des épingles à linge ainsi que du bout fin, pour faire sécher les lessives, erreur !
Pour les soirées fraîches, j’aurais du prendre une doudoune, c’est léger et ça se compresse bien.
Nous n’en avons pas eu besoin, mais une pince à tique ne prend pas beaucoup de place et peut rendre service quand on bivouaque souvent dans la nature http://francelyme.fr/mediatiques/prevention-2/que-faire-en-cas-de-piqure/

 

Sur le plan humain :
Ce tour fut l’occasion de belles rencontres.
– Des passants sur la promenade de la plage des Rosaires qui, apprenant que nous allons dormir sur place sous un tarp entre 2 kayaks, nous proposent leur propriété.
– le responsable du bureau du port à Ploumanac’h qui nous donne accès gratuitement au local des douches. Nous y ferons aussi notre lessive.
– la patronne de la buvette de Pors Théolen, qui nous offre un terrain pour dormir et le ravitaillement en eau.
– le gérant du camping municipal de Penmarc’h, qui s’arrange pour nous mettre sur un emplacement près de la plage.
– le jeune remplaçant du gardien de l’aire de camping-cars de Lampaul-Plouarzel qui accepte de nous accueillir sur un bout de terrain pour passer la nuit.
– Armel et Agnès, avec qui nous avons partagé le bivouac sur l’île Wrac’h. Ils nous ont apporté des vivres offerts par kayakistesdemer.org.
– Élodie, qui a aussi participé à notre ravitaillement, et avec qui nous avons passé la soirée à Porspaul.
– Tous les amis du club de Plouhinec, qui nous ont réservé un superbe accueil.
– Hugues et Valérie, avec qui nous avons partagé un excellent thé.
– Guillaume, les moniteurs et les stagiaires de Fort Cigogne, avec qui nous avons vécu une expérience inoubliable.
…et puis tous ces anonymes rencontrés au fil des étapes, qui étaient curieux et admiratifs de notre aventure.
Certains ont pris conscience que l’aventure peut être vécue tout près de chez soi.

Un grand merci à Marie-Jo et Jean-Yves qui ont assuré au niveau logistique  et qui nous ont accueillis chez eux pendant notre halte de deux jours à terre.

Ce que ce Tour m’a apporté de plus important, c’est le savoir éprouvé que les rapports humains à l’intérieur du groupe sont au cœur de l’aventure maritime. Dans notre navigation, il y avait un objectif pas toujours évident : celui de boucler le Tour, c’est à dire d’arriver à Larmor-Baden.
C’est là, que nous avons vu que la bonne humeur et la solidarité sont des outils aussi indispensables que la pagaie.
Avant de s’embarquer dans ce genre de randonnée de plusieurs semaines, il est sage de programmer deux ou trois week-ends où on navigue ensemble dans des conditions d’effort similaires à celles qui seront rencontrées. C’est bien, non seulement pour voir si on en est capable sur le plan physique, mais c’est bien aussi de voir si on en est capable sur le plan mental.

 

Concernant la navigation,

15 juillet, en kayak de mer, aux approches de l'île de Batz.

15 juillet, en kayak de mer, aux approches de l’île de Batz.

il est nécessaire de préparer dans le détail les étapes, d’étudier ce qui est faisable en fonction du groupe, de prévoir de multiples options (aller sur telle île ou pas, fractionner l’étape ou pas) et d’adapter au jour le jour les navigations tant en fonction de la météo que des désirs et des possibilités du groupe.

Nous avons fait preuve d’adaptation tous les jours. J’avais prévu un départ le 1er juillet et une arrivée le 21 juillet, mais cela interdisait à l’un d’entre nous de faire la totalité du tour. Aussi nous avons modifié nos dates pour un départ le 8 juillet et une arrivée le 28 juillet. Lors d’un galop d’essai plusieurs d’entre nous avaient des douleurs, parce que leur siège était mal réglé, parce qu’ils manquaient d’entraînement pour pagayer 6 heures par jour durant plusieurs jours. Résultat nous avons modifié les étapes au dernier moment, en prévoyant 5 heures de navigation fractionnées pendant les 4 premiers jours. Ensuite nous avons augmenté à 6 heures par jour.

Concernant les étapes, les jours, les horaires, et bien, excepté le départ du premier jour, aucune étape n’a suivi le plan initial. Même l’arrivée s’est faite un jour plus tôt que prévu, parce que cela arrangeait la majorité d’entre nous.

 

Les chiffres :
Nous avons parcouru 322 milles en 18 étapes, entre le 8 et le 27 juillet 2017, soit une moyenne de 18 milles par jour. Les étapes : Départ de la plage du Verger à Cancale – plage de la Mare à Saint-Cast-le-Guildo – plage de Caroual à Erquy – plage des Rosaires à Plérin – plage de Bréhec à Plouha – île d’Er – île Grande – Pointe de Beg an Fry à Guimaëc – île de Batz – île Wrac’h – plage de Porspaul à Lampaul-Plouarzel – Pointe de Dinan à Crozon – Porz Theolen à Cléden-Cap-Sizun – Club de kayak de Plouhinec – Penmarc’h – île Cigogne – île de Groix – isthme de Penthièvre – Arrivée au port de Larmor-Baden.

En moyenne 6 heures de navigation et 18 milles nautiques par jour pendant 3 semaines.
La mauvaise météo (7 Beaufort annoncé) nous a donné un excellent alibi pour goûter à deux merveilleux jours de repos les 21 et 22 juillet à Guiler-sur-Goyen.
L’étape la plus longue de 28 milles, que nous avons réalisée en 7 heures, avec courant et vent favorables, reliait Fort Cigogne à l’île de Groix.
L’étape la plus courte de 11 milles en 3 heures, reliait l’île Grande à la pointe de Beg an Fry.
L’étape la plus musclée reliait l’Anse de Dinan à Pors Théolen avec un vent de face force 4 à 5 Beaufort.
L’étape la plus chahutée reliait Pors Théolen à Plouhinec, comprenant le passage du raz de Sein avec une mer agitée à forte (houle de 3,5 mètres par moments).

 

Pascal, rend compte comme moi de notre Tour de Bretagne, voyez son bilan à :
http://www.randonnees-kayak.fr/2017/09/tour-de-bretagne-en-kayak-de-mer-epilogue.html

 

 

27 juillet, arrivée à Larmor-Baden, Photo de Marie Jo.

27 juillet, arrivée à Larmor-Baden, Photo de Marie Jo.

En conclusion :
vivement la prochaine !

2 réflexions au sujet de « Tour de Bretagne en kayak, le Bilan »

  1. Pascal Jouneau

    Sympa ton bilan Jef
    Il se rapproche du mien, ce qui veut dire que nous étions fait pour naviguer ensemble 😉
    Comme tu le dis si bien, vivement la prochaine.

    Répondre
  2. hervé jousset

    Intéressant ton bilan Jef, une bonne base. La réussite d’une si belle rando tient surtout grâce à un groupe compact et homogène, avec la même envie dès le départ, d’où l’importance des sorties préparatoires.

    Répondre

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