La gîte latérale, se dégager d’une cravate en kayak

Kayak, se dégager d'une cravate en rivière.
Kayak, se dégager d’une cravate en rivière.

Samedi matin, après nous avoir fait travailler le stop, puis la reprise dans le courant, Jean-Yves Colin, moniteur (B.E.) au club de canoë-kayak des Alligators de Landerneau, nous indique comment nous dégager d’une cravate en rivière.

Une cravate est un blocage très dangereux, qui survient quand le courant presse notre kayak contre un obstacle. Si le courant est fort et que le kayak plie, le kayakiste ne peut plus de dégager seul et il risque alors la noyade. Si le kayak est pressé contre un arbre couché sur la rivière, la force du courant peut enfoncer le kayakiste sous l’arbre et ses branches, faisant courir un danger mortel de noyade au kayakiste.
Si le kayakiste regarde bien au loin, devant lui, quand il descend une rivière, ce danger est visible et prévisible, on peut donc éviter ce danger et le gérer au mieux. Si on est le premier kayakiste à voir la danger, on prévient les autres.

Jean-Yves descend la rivière en kayak, il nous montre comment, alors qu’il se trouve en travers du courant, il se penche latéralement vers l’obstacle qu’il va rencontrer, c’est à dire qu’il gîte (il incline son kayak latéralement) en montrant ses fesses au courant, il prend alors appui sur l’obstacle avec la main, puis il se dégage sur le coté. Ce dégagement se fait en montrant constamment ses fesses au courant, afin que l’eau ne puisse pas monter latéralement sur le pont du kayak, ce qui retournerait le kayak. Jean-Yves cesse de gîter, dès que son kayak ne se trouve plus en travers du courant.

 

kayak Idaho RTM
kayak Idaho RTM

La gîte latérale au courant en kayak :
Quand notre kayak est dans le sens du courant, c’est à dire qu’on descend le courant ou qu’on le remonte, la gîte n’est pas nécessaire. Le courant peux enfoncer légèrement l’arrière ou légèrement l’avant du kayak, mais il ne peut pas retourner le kayak, il ne peut pas lui faire faire une chandelle. Quand le courant est longitudinal au kayak, le kayak dispose de toute sa longueur pour conserver son assiette. (La longueur d’un Idaho est de 318 cm, sa largeur est de  60 cm.)

La gîte est nécessaire à chaque fois que notre kayak fait un angle avec le courant ou avec le contre-courant, parce que dans ce cas, il présente « seulement » ses 60 cm de largeur au courant. Le kayak est beaucoup moins large que long, si son équilibre longitudinal est bien stable, son équilibre latéral est précaire, souvent on use d’appuis latéraux avec la pagaie pour maintenir le kayak en équilibre latéral.

Quand on place son kayak un peu, ou complètement, en travers du courant, il faut incliner le kayak pour que le courant ne puisse pas monter latéralement sur le pont du kayak.
On fait cela en montrant ses fesses au courant : on fait gîter le kayak de façon à l’incliner, pour que le courant s’écoule sous le kayak et ne puisse surtout pas monter latéralement sur le pont du kayak, au risque de se faire retourner comme une crêpe (on est en Bretagne).

(En mer, c’est exactement comme en rivière : on montre ses fesses au courant. Que ce soit des courants de marée aux passages de pointes ou que ce soit les courants créés par les déferlantes qui poussent latéralement votre bateau. Quand la houle, venant du large, déferle sur votre bateau, elle vous pousse vers la plage, créant ainsi un courant qui passe sous votre coque et qui se comporte comme venant … de la plage ! Il est donc logique de montrer ses fesses à la plage quand une déferlante venant du large vous pousse vers cette plage).

La gîte consiste à conserver son buste le plus vertical possible tout en inclinant son bassin pour faire pencher (gîter) son bateau à droite ou à gauche. Il faut donc dissocier le mouvement du bassin de celui du buste. Pour la gîte à tribord, l’inclinaison du bassin à droite sera transmise au kayak par le genou gauche qui va soulever le bateau à bâbord pendant qu’on transfert tout son poids sur la seule fesse droite à tribord.

Le courant : —>
La bonne gîte latérale, fesse au courant : —>\° le courant est dirigé par la gîte latérale pour qu’il passe sous le kayak.
La « mauvaise » gîte latérale, tête au courant : —>°/  le courant est aidé à monter latéralement sur le pont du kayak et à le renverser.
Pas de gîte latérale : —>-°- le courant peut monter latéralement sur le pont du kayak et le renverser.

1/ Avec cette gîte latérale —>\° le kayak est poussé latéralement par le courant qui continue à s’écouler sous le kayak, tout va bien. 🙂
2/ Sans gîte latérale  —>-°- en peu de temps, le courant montera sur le pont du kayak, l’inclinera latéralement et le renversera !
3/ Avec la « mauvaise » gîte latérale, tête au courant —>°/ le courant est aidé à monter sur le pont du kayak, l’incliner latéralement et le renverser !.

La gîte, permet également de modifier la forme de la carène dans le but de tourner plus facilement le bateau pour prendre un virage.
Pour virer à gauche, on gîte à droite en soulevant le genou gauche et en portant son poids sur la fesse droite, le tout en appuyant son pied droit sur le cale-pied. Pencher le buste en avant aide à gîter.

 

– La gîte, transférer son poids sur une seule fesse :

Cette vidéo est d’Alexandre Gerussi : http://alexandre.gerussi.free.fr/ik.html

– La gîte, se dégager d’une cravate en rivière :

Cette vidéo est d’Alexandre Gerussi : http://alexandre.gerussi.free.fr/ik.html

 

L’après-midi commence par une réception tonique et rafraîchissante dans la rivière, la berge est ici utilisée comme un toboggan :

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Auteur : Jean-François Delcamp

En dehors de sa passion pour le kayak, Jean-François Delcamp est professeur de guitare classique au Conservatoire de Brest métropole.

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