Randonnée à Sein et Ar Men en kayak de mer

Bernard, content d'être à Ar Men.
Bernard, content d’être à Ar Men.

Ce week-end, le club de kayak de Plouhinec organise une randonnée à Sein et, si la météo le permet, un aller-retour à Ar Men.

Vendredi 6 juillet, en arrivant au Loc’h, je retrouve Anne, Annick, Marie Jo, Yvette, ainsi que Pascal et Jean. Guénolé nous rejoindra en soirée. Jean-Yves, Patrice et Paul nous rejoindront demain matin ainsi que Bernard, François et Tristan, du club de Quimperlé.

Pascal, Annick et Jean au départ du Loc'h.
Pascal, Annick et Jean au départ du Loc’h.

Nous embarquons du Loc’h à 14h30, pour longer la côte sud du cap Sizun, les ports abris se succèdent : Loubous, Feunten-Aod puis Bestrée.

 

 

 

sur la route de Sein
sur la route de Sein

Ce qui me surprendra lors de la traversée, c’est que nous pouvons aller droit vers Sein, pas besoin de compenser une dérive due au courant. Annick, Yvette et Jean-Yves ont choisi une date, un coefficient, des horaires et une route aux petits oignons.

Ce jour et les suivants, nous n’aurons presque pas de houle, 1 mètre par endroits, mais presque toujours 30 cm. Les coefficients de marée très doux se situent entre 46 et 50. Le vent m’a semblé se situer à 2 Beaufort, avec quelques rafales un peu plus prononcées.

en approche de Sein
en approche de Sein
entrée dans le port de Sein
entrée dans le port de Sein
arrivée à la cale de Nochimon
arrivée à la cale de Nochimon
quai des Français Libres
quai des Français Libres

 

 

 

 

Bref nous arrivons à Sein « comme des fleurs ». Tout est déjà calé, Yvette a prévenu, nous savons que nous sommes autorisés à bivouaquer sur le Len. Jetant un coup d’œil vers le continent, je remarque que la visibilité est excellente : de Sein, nous voyons parfaitement le phare de la Vieille et les maisons blanches de la pointe du Raz qui semblent toutes proches.

coucher de soleil sur Goulenez
coucher de soleil sur Goulenez
nuit sur Goulenez
nuit sur Goulenez

Nous nous installons tranquillement, tellement tranquillement que nous raterons de peu le coucher de soleil. La balade en soirée n’en est pas moins un grand plaisir.

 

 

 

 

musée des Sénans
musée des Sénans
musée des Sénans
musée des Sénans
musée des Sénans
musée des Sénans
musée des Sénans
musée des Sénans

Samedi matin, nous allons visiter le musée des Sénans, situé dans l’ancien Abri du marin. J’aime particulièrement la pièce meublée, comme dans les années 40, elle me rappelle des objets du quotidien que j’ai vu dans mon enfance. J’y vois aussi un Pistolet-mitrailleur Sten, comme en avaient les résistants à cette époque.

 

grand phare de Goulenez
grand phare de Goulenez

En achetant notre billet pour le musée des Sénans, nous avons également pris une entrée pour la visite du grand phare de Goulenez. Je suis tout content, parce que, bien que ce soit la cinquième fois que je vienne à Sein en kayak, je n’y suis encore jamais monté. J’imagine que la vue par une journée claire comme aujourd’hui est un moment magique. Je prends une photo de Pascal et Jean alors qu’ils soulèvent le phare de Goulenez, (sans potion magique), et puis nous attendons l’ouverture du phare.

Sur ce, arrive la personne que nous attendions. Sans dire bonjour, elle commence par nous engueuler copieusement, nous demandant si nous avons vu le panneau qui interdit d’entrer en dehors des heures de visites, qu’ici il y a une centrale électrique et que les habitants du lieu se plaignent d’être importunés par les visiteurs. La dessus, la personne téléphone devant nous à son aimable collègue du musée de l’Abri du marin pour lui signifier qu’il ne faut pas envoyer les visiteurs à 11h00, mais à 11h30. Elle ouvre la porte du phare, ce qui ranime notre bonne volonté, mais l’éteint aussitôt, en refermant la porte à clef à notre nez. Je rumine quelques instants et puis je demande à mes deux amis si ils ont déjà été accueillis « comme ça ».  Je leur dis que je renonce à visiter le phare après un tel accueil. C’est la seule façon qui me reste de manifester ma désapprobation.

arrivée de Jean-Yves et Paul
arrivée de Jean-Yves et Paul

Pascal et Jean pensent de même et, tous les trois, nous partons vers des lieux plus agréables, c’est bientôt l’heure de l’arrivée de Jean-Yves et de Paul. Nous verrons également Gervais et Basilic qui font un aller-retour à Sein dans la journée.

 

 

 

fresque du centre nautique de Sein
fresque du centre nautique de Sein

Nous allons vers le Centre Nautique, Pierre Portais, le moniteur de kayak de l’île de Sein, a fait réaliser une grande fresque, de 6 mètres de long, représentant la carte marine de la chaussée de Sein, elle orne désormais le mur du centre nautique. La fresque n’est pas terminée, tout le monde à Sein contribuera ; les vieux diront aux jeunes les noms bretons de chaque récif et les jeunes noterons ces noms pour qu’ils soient calligraphiés en bonne place sur le mur, contribuant à ce que ces noms ne se perdent pas.

Paul devant le grand phare de Sein
Paul devant le grand phare de Sein

Vers 15h00, nous sommes 14 kayakistes qui embarquons pour le phare d’Ar Men. Nous prendrons la route passant par la côte nord. Nous visons une arrivée au phare d’Ar Men pour 17h30. Nous avons environ 8 milles nautiques à parcourir avec la fin du jusant. Je ne sentirai le courant que dans les dernières 40 minutes, une fois sorti de la chaussée de Sein, c’est à dire une fois passé la tourelle d’An Namouic.

Patrice et Guénolé
Patrice et Guénolé
Guénolé
Guénolé

Patrice et Guénolé arrivent les premiers. Moi, Jean, Bernard et François les rejoignons au pied d’Ar Men. Je vois Patrice qui place patiemment son kayak au plus près de l’échelle, il tient bon malgré les petites déferlantes qui le font reculer par moments. A force d’habileté et de patience, après s’être replacé un dizaine de fois, il réussi à monter aux premiers barreaux, suivi par Guénolé.

 

Patrice et Guénolé
Patrice et Guénolé

A leur suite, je me jette à l’eau et attrape un barreau de l’échelle. La houle brise sur le phare en petites déferlantes, par série de 2. Je me prends une des petites déferlantes en pleine tronche. La petite déferlante me dit : « monte vite en hauteur sinon je vais réussir à te décrocher de l’échelle ». J’obéis et je monte dare-dare le premier mètre de l’échelle, ensuite je prends mon temps pour finir l’ascension.

Jef
Jef
nos kayaks sagement garés devant l'échelle
nos kayaks sagement garés devant l’échelle

L’avant dernier barreau est bien attaqué par la corrosion, mais on peut encore s’y accrocher sans danger qu’il ne lâche. Bientôt me voilà sur le plateau du phare. J’enlève mon T-Shirt tout trempé, il y a un peu de vent, Patrice, Guénolé et moi allons au sud du plateau, prendre le soleil.

 

Yvette
Yvette
Jean
Jean
Paul
Paul
Bernard
Bernard
notre groupe, alors que Paul est déjà redescendu (photo de Jean Drouglazet)
notre groupe, alors que Paul est déjà redescendu (photo de Jean Drouglazet)
Annick aide Guénolé a remonter dans son kayak
Annick aide Guénolé a remonter dans son kayak

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous rejoignent ensuite : Yvette et Jean qui ont une pêche d’enfer. Puis Bernard, Tristan et Paul. Les photos que je revois à la maison me montrent combien, tous à notre façon, nous avons manifesté la réjouissance d’être ensemble là haut, sur le plateau du phare.

 

retour à Sein
retour à Sein

Au retour, nous savons qu’il ne faut pas trainer, sous peine de galère, car le courant va forcir. J’ai été remorqué par Jérôme, une fois que j’étais en méforme, lors d’un retour d’Ar Men. La leçon est apprise.

Nous repartons pour Sein à 18h15, 15 minutes avant l’étale de basse mer. Nous suivons la route préconisée par Jean-Yves, passant par le sud de la chaussée.

L’un d’entre nous devra être remorqué par Patrice et Guénolé. * Voir le paragraphe sécurité en bas de page.

Tous, nous nous retrouvons au Len. C’est bientôt l’heure du dîner, je fais une infidélité à mon club de Plouhinec, mais c’est pour la bonne cause : la bière.

Avec les kayakistes de Quimperlé, nous allons chez Bruno nous offrir une tournée, la deuxième nous sera offerte par, Bruno, le patron : il fête ses 36 ans de métier. Bruno est un collectionneur de boules à neige, il a atteint le chiffre phénoménal de 1000 boules, toutes offertes par des amis.

Nous rejoignons le groupe au Len pour terminer ensemble un repas on ne peut plus  convivial, arrosé au rosé.

 

 

 

fresque du Centre nautique, Patrice et Guénolé étant déjà partis (photo prise par un jeune stagiaire du centre nautique)
fresque du Centre nautique, Patrice et Guénolé étant déjà partis (photo prise par un jeune stagiaire du centre nautique)
départ de Sein, le quai des Paimpolais
départ de Sein, le quai des Paimpolais

Dimanche, c’est le retour, on passera par le raz de Sein. Certains partiront plus tôt, ayant des impératifs horaires. Je partirai à l’heure prévue avec Anne, Annick, Marie Jo, Yvette et Jean. Là encore, l’horaire et la route prévues par le club sont nickel, on avance droit vers la Vieille, sans avoir besoin de compenser le courant.

 

Annick au phare de la Vieille
Annick au phare de la Vieille
Anne et Marie Jo au phare de la Vieille
Anne et Marie Jo au phare de la Vieille

Annick ne résiste pas au désir d’aller dire bonjour de plus près à la Vieille, je suis Annick avec plaisir et, finalement, tous, nous nous retrouvons au pied du phare.

 

 

Repères pour les kayakistes de mer à la pointe du Raz : Trou de souris, Gorleik, Trouz Yar, Gorle Greiz, La Vieille, La Plate.
Repères pour les kayakistes de mer à la pointe du Raz : Trou de souris, Gorleik, Trouz Yar, Gorle Greiz, La Vieille, La Plate.

Ensuite, c’est moi qui suis pris d’une autre envie : celle de profiter du début de flot par petit coefficient, pour passer et repasser la pointe du Raz. Je ferai ainsi deux aller-retour avant que le courant ne forcisse, une pratique qui me rassure et me fait du bien, tant la pointe du Raz est un lieu mythique et redoutable quand le courant devient puissant.

A l’approche de la pointe nous retrouverons Jean qui nous a attendu. Aujourd’hui les conditions sont exceptionnellement favorables, c’est l’étale de marée haute, le coefficient est doux, j’en profite un max. Yvette et Jean aussi profitent un max du lieu, en passant et repassant le Raz par le « passage du trou de souris », au plus près de la pointe du cap Sizun.

un pêcheur talentueux du cap Sizun
un pêcheur talentueux du cap Sizun
la falaise avant Bestrée
la falaise avant Bestrée
un goéland participe à notre convivialité
un goéland participe à notre convivialité

 

 

 

 

 

Yvette, en arrivant sur Bestrée, choisit de faire un « saute-cailloux » avec la petite houle, elle passe super bien le mètre de roches, je l’imite et, heureusement, ça passe aussi. Notre petite pause à Bestrée, verra un goéland, peu sauvage, monter sur le pont d’un de nos kayaks de mer. Il faut préciser que notre pause déjeuner lui faisait particulièrement apprécier notre compagnie.

Retour paisible et enchanteur en longeant la côte sud du cap Sizun, à l’arrivée Marie Jo et moi ferons deux esquimaux pour nous rafraichir et puis parce que les exercices de sécurité sont une chose qui demande de répéter les mêmes gestes régulièrement.

Des randonnées comme celle-là, sont exceptionnelles, mais ça ne m’empêche pas de dire, gourmand que je suis, vivement la prochaine !

 

Randonnée en kayak de mer, Primelin, la Vieille, Sein et Ar Men en 3 jours, 34 milles nautiques
Randonnée en kayak de mer, Primelin, la Vieille, Sein et Ar Men en 3 jours, 34 milles nautiques

* Petit paragraphe sécurité : pour aller à Ar Men, à mon humble avis, il faut choisir des conditions optimales comme : coefficient inférieur à 50, pas ou peu de vent, pas ou peu de houle. Il faut aussi être capable de pagayer 5 heures de rang à 3  nœuds de moyenne au minimum (3,5 nœuds étant préférable pour être à l’aise).

Au dessous de 3 nœuds de moyenne, le retour devient compliqué. Une traversée lente étant plus longue, on subira des courants traversiers qui forciront au point de pouvoir nous dépaler au sud (jusant) ou au nord (flot).

Une solution de dépannage, pour le retour, est de naviguer au cœur de la chaussée de Sein, de façon à pouvoir faire des sauts de puce d’ilot en ilot, mais sans traîner. Ainsi on profite des contre-courants.

En dernier recours, les plus vigoureux du groupe, pour éviter une galère collective, vont remorquer ceux qui n’atteignent pas la vitesse minimale moyenne de 3 nœuds.

Dans l’idéal, il faut prendre le chemin du retour un peu avant l’étale de basse mer à Sein. Sachant que si on part plus tard, le retour sera plus dur.

Auteur : Jean-François Delcamp

En dehors de sa passion pour le kayak, Jean-François Delcamp est professeur de guitare classique au Conservatoire de Brest métropole.

3 réflexions sur « Randonnée à Sein et Ar Men en kayak de mer »

  1. Excellent ton compte rendu Jef. Ce fût un merveilleux week end au bout du monde en compagnie de super amis tous passionnés de kayak. A revivre .Vive le kayak qui nous permet de partager des moments extraordinaires …

  2. Merci pr ces superbes récits qui donnent envie d y être, peut être un jour.
    Bonne continuation
    Thierry le Vendéen

  3. Merci, Jeff je n’était pas présent mais ton récit m’a enchanté et j’ai vécu cette balade dans un fauteuil chez moi avec beaucoup de plaisir.
    BAKOKO

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