Randonnée à 3 en kayak de mer dans l’archipel de Molène

je fais trempette à Litiri
je fais trempette à Litiri

Quand François et Domi me contactent en me disant qu’ils viennent en Bretagne pour faire du kayak, je réfléchis quelques secondes et je leur propose une virée à Molène. Mercredi 18 juillet leur convient bien, nous nous donnons rendez-vous à 8h30 sur la plage de Porsliogan au Conquet.

Le coefficient du matin est de 82, nous aurons les courants un peu contre nous, du fait que nous partons avec le début du jusant, alors que le retour se fera au début du flot. Mais ce n’est pas un soucis, la mer est belle, le soleil est très présent, il n’y a presque pas de vent, pas de houle non plus.

Pour moi ce sera la dix-neuvième fois que j’y vais et c’est toujours aussi merveilleux que la première fois, à chaque fois, je découvre de nouveaux angles de vues, de nouveaux plaisirs de naviguer dans l’archipel.

François
François
Domi
Domi

François et Domi ont deux beaux kayaks P&H tous neufs, un Cetus LV pour madame et un MV pour monsieur. Tous deux ont un bon coup de pagaie et nous avancerons à une moyenne qui variera entre 3 et 4 nœuds.

un jeune observateur curieux
un jeune observateur curieux

En abordant le plateau des Belveignou ne voilà-t-il pas que nous avons la chance de rencontrer des phoques et nombre, adulte et jeunes. Nous cessons de pagayer, laissant les plus jeunes rassasier leur curiosité. Quant à nous, les pagayeurs, : les appareils photos sont à la tâche. En réfléchissant, je me dis que c’est le début du jusant, les phoques doivent patienter ici, sur le plateau, dans le but de se poser sur une roche confortable, où il pourront se reposer en  se chauffant agréablement au soleil.

Nous reprenons vers le Cromic, vers les veines de courant. Il ne faut pas oublier de gîter à l’inverse quand on entre dans le contre courant, sinon : plouf ! Au Cromic, il est trop tôt pour avoir de belles statiques bien lisses et bien formées, mais il y a déjà une ébauche sympathique qui vaut la peine d’être essayée.

 

François et Domi
François et Domi

J’emmène François et Domi vers l’estran de Litiri. Au passage nous faisons du mini saute-cailloux. L’eau a la couleur des mers du Sud (pas tout à fait la température, il faut bien l’avouer). Comme nous avons un peu chaud, l’eau rafraîchissante est parfaite. Domi partage avec nous le mélange de graines qu’elle a fait revenir à la poêle avec des épices : un régal !

Pour ne pas avoir à les porter (c’est le jusant et la pente de la plage est très douce) nous mouillons nos kayaks. Mais un courant malicieux les ramène à chaque fois sur le sable, jusqu’à ce qu’ils se prennent dans les algues et demeurent enfin sagement garés.

La passe de la Chimère est lisse comme un miroir
La passe de la Chimère est lisse comme un miroir

Nous nous décidons à rejoindre Molène et passant par l’île aux Chrétiens, à peine engagés dans la passe de la Chimère ; nous sommes entraînés vers le sud sud-ouest. Le courant, que j’estime à 2 nœuds, nous déplacera en crabe jusqu’aux abords de l’île aux Chrétiens. Là, nous devrons pagayer ferme pendant deux brefs instants pour remonter au nord, en direction de Molène.

goémonier au travail
goémonier au travail

Domi et François avaient remarqué des goémoniers au travail avec leur scoubidou (chaîne tournoyante suspendue à l’extrémité des bras mécaniques du bateau). Tout en allant vers Molène, nous avons l’occasion de nous approcher du bateau au travail pour prendre quelques photos.

 

arrivée à Molène
arrivée à Molène

Finalement, nous allons sur le port de Molène. La cale Charcot est rendue d’un abord difficile avec le courant de jusant, des vagues statiques commencent à se former. A peine débarqués, nous nous rendons chez Rachel, boire une bière prescrite par le bon sens que et par notre condition temporaire de marins plaisanciers. A table, François et Domi me font goûter l’ail aux ours, j’en ai entendu parlé depuis longtemps, c’est la première fois que j’en goûte : délicieux !

au loin, Ouessant
au loin, Ouessant

Nous faisons un tour de l’île Molène, une visite au sémaphore et à l’Impluvium, et puis nous terminons par une petite sieste à l’ombre (c’est dans la culture de François et Domi, qui viennent des Alpes de Haute Provence), avant de reprendre la mer.

Quand nous remettons nos kayaks à l’eau, c’est le tout début du flot, nous ne pouvons repartir comme nous sommes venus (par le sud). Nous partirons au nord, avec le courant, vers le feu des Trois Pierres. Une fois passé le feu, nous empruntons la passe de la Chimère, à contre courant, jusqu’à Quéménès ouest. Là, commence un joli premier parcours de rase-cailloux, nos coques baignent dans les spaghettis de mer).

Au sud de l’île, sous la ferme de Quéménès, nous bifurquons vers Béniguet sud. Là nous entamerons une deuxième séance de rase-cailloux pour notre plus grand plaisir. Nous rencontrons deux phoques, dont un jeune que nous ne verrons pas beaucoup.

Nous allons entamer notre retour à Porsliogan et donc traverser le chenal du Four dans la troisième heure du flot, aussi j’engage François et Domi à faire leur bac en visant la pointe Saint Matthieu. Nous sentirons bien la poussée du courant qui nous fait fortement dériver au passage de la bouée rouge du tournant de Lochrist.

Itinéraire et tracé de notre balade en kayak de mer de PorsLiogan à l'île Molène.
Itinéraire et tracé de notre balade en kayak de mer de PorsLiogan à l’île Molène.

Je crois que nous sommes contents de débarquer sur la plage, nous avons pagayé ferme depuis ce matin et nous prévoyons que nous allons bien dormir cette nuit.

Que c’était bon !

Auteur : Jean-François Delcamp

En dehors de sa passion pour le kayak, Jean-François Delcamp est professeur de guitare classique au Conservatoire de Brest métropole.

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