Check-list randonnée kayak de mer

Préambule,
astuces et réflexions diverses

Que ce soit pour une randonnée de deux jours, ou pour une randonnée de deux semaines : le matériel demeure le même. Seule la quantité de nouriture et d’eau va varier avec la durée. Pour les longues randonnées, on ajoutera un chargeur de batterie et des piles supplémentaires.

François et Domi
François et Domi en pause à Litiri, en juillet 2018

En solitaire, le kayak chargé est trop lourd à porter. Si on n’a pas de charriot avec soi, on vide d’abord les caissons, pour ensuite porter le kayak vide, sur son épaule, jusqu’à l’estran. Pour ma part j’utilise plusieurs grands sacs, un par caisson. Cela me permet de charger, ou vider,  mes caissons rapidement, sans mélanger les affaires d’un caisson avec celles d’un autre.

Quand on est 4, les sangles de portage sont préférables au charriot.

Portage.
Portage avec les sangles à Quiberon, en juillet 2017
Savon de mer CAO

La température de l’air ne change pas grand chose au chargement du kayak, puisse qu’on porte les vêtements adaptés sur soi. Avec l’expérience, j’ai réduit au maximum les vêtements de rechange. Je préfère emmener une savonnette adaptée et laver mon linge à l’eau de mer. A noter, que la laine de mouton mérinos retient moins les mauvaises odeurs et nécessite moins de lavages que les autres textiles.

Lors d’un week-end de rando on peut voir se succéder, ciel couvert, pluie, vent frais, brume, éclaircies et grand soleil. Plutôt que d’emporter différentes vareuses, je modifie ma façon de porter ma vareuse selon les conditions météo. Si il y a du vent, mais qu’il ne fait pas froid, je place ma vareuse sur mon dos ou sur ma poitrine, pour qu’elle protège la partie de mon corps exposée au vent, par dessus, je mets le gilet qui maintient la vareuse en place. Cela me permet d’être protégé sans transpirer dans mon vêtement. Si le temps fraichit, j’enfile ma vareuse, sans avoir à ouvrir un caisson. Si le temps alterne entre frais et chaud, je fais autant d’esquimautages que nécessaire que pour mon confort thermique soit constant. Dans le passé, je mouillais ma casquette à l’eau de mer avant de la remettre sur la tête pour me rafraichir, mais c’est moins efficace que l’esquimautage. Dans la mesure où c’est nous, le kayakiste, qui sommes le moteur du kayak, avoir trop chaud ou trop froid peut nous mettre en difficulté. Pour éviter ça, il faut être attentif à notre confort thermique et anticiper. Pour la même raison, il faut s’hydrater régulièrement, même si on n’a pas soif.

A terre, j’utilise slip, chaussettes et top thermique en mérinos, un pantalon, un bonnet, une doudoune (c’est chaud, léger et compressible), une paire de crocs (sabots en plastique très légers qui ne craignent pas l’eau).

Si vous naviguez seul, ou si la sortie est engagée (mer agitée, vent fort, courants importants, éloignement de la côte, mauvaise visibilité, fortes pluies …), il est prudent de laisser la vareuse à la maison et de porter une combinaison sèche. Le temps de survie dans une eau à 18°C n’est que de 3 heures pour plus de 50% des gens.
Voir : http://www.manche-ouest.org/fr/kayak-de-mer/coaching/item/153-l-hypothermie-un-dossier-de-guy-cloarec

Passer chez le dentiste avant le premier coup de pagaie d’une longue randonnée peut s’avérer une bonne précaution.

Plus j’utilise fréquemment le matériel, plus il est à portée de main. Le matériel de navigation et de sécurité est soit sur moi, soit accessible sur le pont, ou encore dans le cockpit, ou le caisson de jour. Je réserve le caisson avant au matériel de bivouac et le caisson arrière au stockage des boissons et vivres, je n’ouvre ces deux caissons que le soir, au moment du bivouac.

Comment équilibrer le chargement du kayak pour corriger ou préserver son comportement :
Je commence par placer le charriot sous mon kayak, de façon que mon kayak soit en parfait équilibre horizontal à vide. Ensuite je remplis les caissons en m’arrangeant pour retrouver cet équilibre à la fin du chargement. Une fois l’équilibre obtenu kayak chargé, je compense le comportement trop mou, ou trop ardent, du kayak en chargeant un peu plus l’avant ou un peu plus l’arrière. Selon les kayaks, l’esquimautage peut être plus difficile avec un kayak chargé qu’avec un kayak vide, c’est bien de vérifier avant si « ça passe ». 

Ranger son casque :
si je n’utilise pas le casque, je le mets dans le cockpit entre mes jambes, facilement accessible en navigation parce qu’il arrive, de manière imprévue, que l’on doive passer près de roches alors que la mer est agitée. Dans ce cas on est content d’avoir son casque à portée de main.

Choisir une jupe adaptée à son hiloire :
on teste une jupe en l’installant sur le cockpit, on ferme le tube d’une main pour empêcher l’air d’en sortir puis on presse fortement la surface tendue de la jupe avec l’autre main, si on entend l’air passer sur les bords de l’hiloire : la jupe n’est pas étanche parce que pas adaptée aux dimensions de l’hiloire. Si vous n’entendez pas un souffle : la jupe est adaptée. En général plus la jupe est ajustée plus elle est étanche. Si l’air passe, l’eau va passer aussi. Pour mon hiloire keyhole, j’ai choisi une jupe taille keyhole en néoprène renforcé, très ajustée, au point que je dois obligatoirement la mouiller pour pouvoir la tendre sur l’hiloire.
Merci à Manu, du magasin Bekayak, pour cette astuce, grâce à lui, je n’ai que quelques gouttes d’eau dans mon hiloire, même après plusieurs séries d’esquimautages.

Au sujet des comportements du kayak en présence des vents, voir  l’article : Kayak de mer ardent, neutre, mou

Check-list pour une randonnée en kayak de mer

Je vous présente cette check-list, en associant le matériel emporté aux caissons dans lesquels je le range. De temps en temps, j’ajoute des commentaires en italique, quand j’ai une astuce à partager.

Cette check-list est prévue pour une randonnée assez autonome et confortable (avec tabouret pliant), on peut bien sûr en emmener moins, réduire les vivres emportées à presque rien en faisant de la cueillette et de la pêche au quotidien. Ou encore en faisant ses achats de vivres aux étapes.

Vareuse Fuse Palm 1/ Matériel sur soi :
– Bonnet, casque
– Lunettes, cordon, (plus un pince nez pour les zones agitées où l’esquimautage est probable)
– Top thermique (plus une polaire en hiver)
– Vareuse aussi étanche que possible
– Gilet dans lequel on transporte : lampe flashlight étanche, montre étanche, couteau, sifflet ou corne de brume, VHF, GPS, téléphone, compas de relèvement, cyalume, rapporteur carré avec ficelle pour calculer les caps sur la carte, appareil photo, poche à eau avec tuyau et tétine, barres énergétiques.
– Un bout de remorquage de 10 ou 15 mètres.
– Jupe aussi étanche que possible
– Pantalon, salopette ou short
– Chaussures fermées, avec une semelle bien sculptée pour ne pas glisser sur les roches humides
– Pagaie principale

Gilet dans lequel on transporte : lampe flashlight étanche, montre étanche, couteau, coupe-fil, sifflet ou corne de brume, VHF, GPS, compas de relèvement, cyalume, rapporteur carré avec ficelle pour calculer les caps sur la carte, appareil photo, poche à eau avec tuyau et tétine, barres énergétiques.
Gilet dans lequel on transporte : lampe flashlight étanche, montre étanche, couteau, coupe-fil, sifflet ou corne de brume, VHF, GPS, compas de relèvement, cyalume, rapporteur carré avec ficelle pour calculer les caps sur la carte, appareil photo, poche à eau avec tuyau et tétine, barres énergétiques.

2/ Matériel chargé sur le pont du kayak ou dans le cockpit :
Ce dont on peut avoir besoin en cours de navigation
– Pagaie de secours (une pagaie tempête groenlandaise d’un seul tenant est idéale. En mer agitée, il peut être très compliqué d’assembler les deux parties d’une pagaie démontable, quand des déferlantes appuient sur vos pales avec un fort bras de levier.)
– Compas de pont, carte marine de la zone de navigation
– Horaires, coefficients des marées et plan de navigation du jour, notés sur une ardoise fixée sur le pont
– Flotteur de pagaie, éponge, pompe d’asséchement
– Sac de sécurité avec 3 feux à main, des cyalumes avec un bout (pour pouvoir les faire tournoyer afin d’être mieux vu), lunettes et cordon de secours, attelle pour le poignet, couverture de survie Duo.
– Pharmacie de sécurité, crème solaire
– RIPAM, règles de balisage

3 / Matériel chargé dans le caisson avant du kayak :
Presque tous les kayaks sont ardents, c’est à dire qu’ils remontent au vent, ce qui est la meilleure option. Si le vent souffle au point de nous faire dériver, le comportement ardent aide à remonter au vent pour refuser la dérive. Avec un kayak mou, l’effort pour remonter au vent et refuser la dérive est autrement plus dur.
Le comportement ardent d’un kayak, peut être réduit ou neutralisé en sortant plus ou moins la dérive du kayak, ou bien en gîtant son kayak, c’est à dire en se penchant vers la source du vent.

Pour réduire ce comportement ardent, on va charger le matériel de bivouac (soit le plus léger) à l’avant :
– Tarp, ou tipi, ou tente, ou bivy bag
– Matelas, oreiller, carnet de route, crayon
– Duvet et doudoune dans un sac compressible
– Vêtements de terrien pour le bivouac du soir
– Bassine pliante pour vaisselle et lessive
– Tabouret pliant

cagoule Gill polaire i3
cagoule Gill polaire i3

4 / Matériel chargé dans le caisson de jour, derrière le cockpit du kayak :
là, je place le matériel de navigation, celui de secours et le repas de midi.
– Vêtements de rechange pour une personne qui serait en hypothermie et mouillée : salopette, top thermique en mérinos, vareuse grande taille, cagoule Gil et couverture de survie.
– Trousse de secours
– Thermos d’eau chaude
– Sangles de portage
– Réchaud avec carburant et briquet
– Eau et vivres pour le repas de midi
– Cartes, atlas de courants et heures de diffusion des bulletins météos VHF de la zone de navigation, sous forme numérique, ou sur papier
– Liste des points de bivouacs et campings de la zone de navigation,
– Lieux de ravitaillement et contacts des clubs de kayaks locaux pour renseignements
– Carte de circulation du kayak, carte d’identité, carte vitale, argent
– Matériel de réparation du kayak, quelques outils, du scotch renforcé, du film alimentaire
– Lampe frontale étanche (qui sert aussi pour le bivouac)
– Du bout
– Petit sac poubelle, pharmacie perso et papier toilette

5 / Matériel chargé dans le caisson arrière du kayak :
avec un kayak très ardent comme l’Xplore-L, je charge lourdement l’arrière afin de mieux ancrer l’arrière. Cela pour minimiser le dérapage de l’arrière sous le vent.
– Réserve d’eau (vache à eau), bières et autres liquides 😉
– Vivres pour une dizaine de jours, dont des produits frais.
Au fur et à mesure que le caisson arrière se vide, j’y transfère une partie des chargements des caissons de jour et avant, afin de conserver en permanence un kayak légèrement ardent, mais pas trop,  comportement que je peux neutraliser avec la dérive.

Voir aussi :
Kayak de mer ardent, neutre, mou
Tour de Bretagne en kayak de mer, le Bilan
Matériel de bivouac du kayak de mer
Équipement et vêtements pour la pratique du kayak de mer
Réglementation du kayak de mer en France
Comment et où bivouaquer lors de nos randonnées en kayak de mer

Pour de longues randonnées loin de chez soi, voir l’excellente check-list de CK/mer :
http://www.ckmer.org/files/checklistrando_siteckmer.pdf

J’ai relu mon article plusieurs fois avant de le publier, mais si j’ai oublié un élément nécessaire, s’il vous plaît, ne manquez pas de le signaler par un commentaire en réponse à cet article.

Auteur : Jean-François Delcamp

En dehors de sa passion pour le kayak, Jean-François Delcamp est professeur de guitare classique au Conservatoire de Brest métropole.

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