Bilan du passage de la pagaie rouge randonnée en kayak de mer, en septembre 2018

J’avais échoué à ma première présentation à l’examen de passage de la « pagaie rouge randonnée kayak de mer » à Paimpol-Bréhat en février dernier. Je racontais, dans cet article, comment s’était déroulé cette session de février 2018.

Stefan essaye mon Romany Surf à la fin de la session
Stefan essaye mon Romany Surf à la fin de la session à Roscoff

En février 2018, je n’avais pas obtenu la certification pagaie rouge car :
– je ne gîtais pas assez mon kayak, par manque d’entrainement. Gîter permet de faire tourner un kayak plus facilement, permet de compenser le comportement ardent du kayak quand il y a du vent, permet de conserver la manœuvrabilité du kayak en surf, savoir gîter développe grandement l’aisance en kayak.
– je ne savais pas faire un appui en godille, le kayak sur la tranche. Ce travail des appuis permet d’obtenir une plus grande maitrise de sa stabilité en mer formée, donc d’être plus en sécurité quand ça bouge.
– je ne savais pas maitriser une marche arrière et encore moins un bac en marche arrière.
– des fois, mon esquimautage ne passait pas, sans que je comprenne bien pourquoi
– je tenais approximativement ma route en faisant un bac dans le vent, ou dans le courant (ou les 2 : vent + courant), parce que je le faisais en dilettante, sans m’appliquer à être rigoureux dans la tenue de mon cap.

Autre chose : lors de l’épreuve de février, le seul fait d’être « examiné » me bloquait et a eu pour conséquence que j’ai loupé un esquimautage quand il ne fallait pas le louper. Donc, comme me l’a conseillé Jean Marc Terrade, j’ai travaillé sur le plaisir de naviguer.
J’avais perdu ce plaisir de naviguer en février, mais je l’ai retrouvé patiemment à partir d’avril, en reprenant avec des sorties faciles, toujours avec le soleil. Le fait de me tenir penché en avant fait que je ressens plus les mouvements du bateau et que ça contribue bien à ce que je m’amuse plus.

Donc, à bientôt 62 ans, j’ai bossé (en veillant à m’amuser, à être léger) :
– ma gîte, à chacune des 39 sorties que j’ai faite entre la session de février et celle de septembre, au moins une heure à chaque sortie.
– les virages et les tours à 360° avec la gîte.
– les esquimautages (plus de 400) en mer belle et agitée, j’ai appris à esquimauter des 2 côtés et maintenant je comprends pourquoi je rate un esquimautage. Je m’entraine par série de 3 ou 6 esquimautages d’un côté puis de l’autre.
– l’appui en godille avec le kayak sur la tranche à chaque sortie.
– la marche arrière une sortie sur deux.
– la prise des amers et la tenue de mon cap.

Au bilan de ce deuxième passage de pagaie, les points faibles, mis en évidence en février dernier, sont maintenant maitrisés, sauf le bac en marche arrière qui est en cours d’acquisition. Comme les examinateurs m’ont expliqué mes erreurs concernant le bac arrière, j’ai moyen de progresser facilement sur ce dernier point.

Là où c’est intéressant et où je souhaite transmettre l’information aux autres, c’est que, même si j’ai pu faire un tour de Bretagne sans soucis, malgré mes faiblesses techniques, c’est parce que prudemment nous avions choisi la période de juillet la plus facile. Une période avec des coefficients de marée moyens ou faibles et où la météo est traditionnellement clémente en Bretagne.

Maintenant, je sais que je peux faire le même tour, avec la même sécurité, dans des conditions moins clémentes, ce qui élargit mon horizon. Ma stabilité en mer formée n’a rien à voir avec ce qu’elle était avant le travail de la gîte et des appuis. Maintenant je « sens » mieux, beaucoup mieux, la coque de mon bateau, ses mouvements qui épousent les vagues, cela du fait que j’ai adopté depuis cet été une position du tronc légèrement penché en avant. J’ai ajouté des calages en mousse à mon kayak, pour mon confort et pour mieux commander mon kayak avec mes cuisses.

Ma compréhension de la météo s’est également accrue, grâce aux différents stages que j’ai suivi entre les deux sessions. J’ai suivi le MOOC météo de l’ENVSN, un cours gratuit en ligne, qui se déroule en trois modules que valident, ou pas, les examinateurs bénévoles. Si vous êtes intéressés, une prochaine cession commence le 12 novembre 2018. Maintenant, je comprends ce que signifie une carte isobarique, je consulte plusieurs sites météo et surtout je consulte la météo officielle de Météo France, la seule qui fasse référence auprès d’un juge en cas d’accident. Windguru et autres services météos du web sont bien gentils, mais ils ne vous donnent pas les clefs pour comprendre la situation générale et son évolution.

Grace aux formations suivies ces derniers mois, en particulier celle sur le choix de programme de navigation en fonction des interactions, je commence à pouvoir prédire l’état de la mer en tel lieu à tel heure, en mettant en interaction 3 éléments : carte marine, atlas des courants et météo.

Bakoko et Stefan (tous deux encadrants au CKCV), Philippe (encadrant Penn ar Kayak) et moi-même, avons obtenu notre certification pagaie rouge randonnée mer, lors de ce week-end venteux des 22 et 23 septembre 2018 à Roscoff et Batz. Jean Marc Terrade et David Appéré étaient nos deux certificateurs. Un grand merci à eux qui ont aussi été mes formateurs à d’autres moments et qui, là encore, nous ont donné de nouveaux conseils à l’issue la session.

Pour conclure, je témoigne que passer les « pagaies couleur », ça fait progresser.

D’ailleurs, je suis déjà inscrit au stage de formation « pagaie noire randonnée mer » qu’organise la FFCK en Suède, du 27 octobre au 3 novembre prochain. C’est Jean Marc Terrade qui sera le formateur de cette session en Suède. Au programme : une mer à 5/9°, un jour qui tombe à 15h30, des navigations de nuit (non autorisées en France) et autres aventures magiques sur la côte nord-ouest, parsemée de nombreuses îles, entre Göteborg et la frontière norvégienne.

Vive le kayak et les kayakistes !

Documents :

Auteur : Jean-François Delcamp

En dehors de sa passion pour le kayak, Jean-François Delcamp est professeur de guitare classique au Conservatoire de Brest métropole.

4 réflexions sur « Bilan du passage de la pagaie rouge randonnée en kayak de mer, en septembre 2018 »

  1. Bravo Jef pour cette pagaie rouge et cette belle progression. Je suis heureux pour toi, que tu aies retrouvé ainsi le plaisir de naviguer.
    Ton parcours est très beau, à la mesure de ta détermination et de ton investissement.
    A une prochaine fois sur l’eau.

    1. Bonjour Thierry,
      merci de ton gentil message,
      tu as bien identifié quel était mon problème en février : je n’avais pas de plaisir à naviguer, j’étais coincé en mode « j’ai peur de me mouiller, j’ai peur d’avoir froid ».

      Depuis, sur les conseils (répétés) de Jean Marc, après février, j’ai travaillé sur le plaisir de naviguer. c’est à dire que je suis revenu à des sorties faciles sous le soleil, puis j’ai recherché à faire ce qui me plaisait le plus en kayak, puis je me suis organisé des jeux, etc etc.

      Après cette reconfiguration que j’ai pratiqué en solitaire à mon rythme, je peux dire que : non seulement je n’ai plus peur de me mouiller, mais je m’engage et je m’amuse dans mes navigations, en cadeau bonus : je progresse.

      Comme tu dis : à la prochaine fois sur l’eau !

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