Départs et arrivées de plage en kayak de mer à Saint-Efflam

Romany surf
Romany surf

Ce week-end j’ai retrouvé les ami(e)s adhérents de RKM56, pour un stage à Plestin-les-Grèves (22). L’objectif étant d’aborder nos départs et arrivées de plage sereinement, de découvrir ou d’affiner notre technique en surf. Tous les niveaux étaient conviés, y compris les débutants. Hébergement : Au gîte de Pen ar Voas.

C’était un week-end tonique, consacré au surf, avec des vagues aux alentours d’un mètre, accompagnées d’un vent bien établi à 5 Bft. Vent qui s’animait de grains et de rafales à 7, 8 voire 9 Bft, lors des passages des sombres cumulus.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu les couleurs de l’arc en ciel iriser autant les gerbes des déferlantes, nous avons eu droit à un vrai festival samedi. J’ai même vu des irisations dans les gouttes qui arrivaient à atteindre le petit espace à l’angle du bord de mes lunettes.

Dimanche, le ciel se plombait, la mer prenait des couleurs vertes sous le ciel gris-noir et tout ce qui n’était pas gris prenait alors une force prégnante : une vareuse jaune au loin, une bouée blanche, le lierre d’un arbre sur les hauteurs. Chaque touche de couleur était prononcée très distinctement par la lumière.

Surtout : on s’amuse comme des gamins. Nous sommes 16 stagiaires sous les houlettes de Jean-Marc Terrade et Jérôme Le Ray, assistés de Cédric Forgit. Saint Efflam, la plage de Plestin-les-Grèves, est une plage très adaptée au surf en kayak de mer, la pente y est douce, il y a très peu de danger, hormis la Croix de Mi-Lieue de plage. Croix en granit, plantée dans le sable. Heureusement elle est balisée par des bouées jaunes. Nous ne nous sommes pas approchés de la croix. Vu le vent d’ouest, nous sommes restés sur le premier tiers ouest de la plage, pour profiter de la protection au vent que nous offrait Toull ar vag, la pointe de Plestin.

Pendant très longtemps, l’immense baie de la Lieue de Grève, longue de 4 kilomètres, a été le seul passage reliant Saint-Michel-en-Grèves à Saint-Efflam. La croix de Mi-lieue a été édifiée au XVIe siècle, elle permettait aux voyageurs de se repérer et d’évaluer le danger de la marée montante. Lorsque la mer avait atteint la croix, il devenait dangereux de se lancer dans la traversée de la baie.
Cassée au niveau du fût en août 1944, une copie à l’identique de la croix fut remise en place le 9 mai 1993, sous l’égide de quelques bénévoles passionnés.

Nous mettons les kayak à l’eau à Beg Douar, la cale située au nord-ouest de la plage. C’est là que nous prendrons nos pique-niques à midi.

Pour ma part, j’avais exceptionnellement pris une pagaie européenne le samedi, cela m’a permis de bien comprendre l’efficacité de verticaliser la pagaie et de la tirer vers moi, en même temps que je pousse sur le cale-pied. Le tout au moment où la vague commence à soulever la poupe du kayak. Le dimanche j’ai repris ma groenlandaise et j’ai pu retrouver les sensations que m’avaient donné l’européenne.  Avec la groenlandaise, je sais que je préserve mieux mes épaules et tendons, et puis l’esquimautage est plus facile et plus sûr pour moi (et j’ai du en faire quelques uns dimanche, après des maladresses ou de bonnes petites roustes).

J’ai des aptitudes pour la fainéantise, aptitudes dont j’ai pris conscience vers mes 11 ans, lors de mon entrée en 6ème. Ces aptitudes me servent encore aujourd’hui, comme maintenant, pour le surf, où il faut donner le minimum de coup de pagaie pour lancer le kayak en communion avec la houle. Le prix de tout ça, c’est qu’il faut tourner la tête pour regarder derrière soi et surveiller attentivement l’arrivée de la houle, l’estimer, avant d’enfin porter son dévolu sur la plus belle, la plus pentue.

Il faut aussi avoir l’œil sur les lieux de naissance des vagues. Elles naissent là où les fonds remontent. Ces lieux changent avec la hauteur d’eau du moment, selon l’heure de la marée. De plus en plus près de la côte au fur et à mesure de la montante. C’est à ces endroits qu’il faut nous poster, dans l’attente de la belle vague qui va nous lancer avec énergie.

Nous sommes nombreux dans nos bateaux. Les coachs ont rappelé les règles de sécurité :
– jamais deux sur la même vague,
– si il y a un risque de collision les deux kayakistes se retournent immédiatement pour stopper leurs bateaux,
– nous ne remontons jamais là où descendent les autres, nous remontons par l’extérieur de la zone de surf,
– le casque est obligatoire,
– nous veillons les uns sur les autres,
– de préférence, nous ne mettons rien sur le pont de notre kayak, ni pagaie de secours, ni pompe,
– si nous avons une pagaie réglable, il nous est conseillé de réduire la longueur habituelle de 5 à 10 cm, pour verticaliser la pagaie plus facilement,
– il nous est conseillé de porter une tenue chaude (combinaison ou autres, cagoule…), parce qu’on va baigner, qu’on le veuille ou pas.

Jean Marc et Jérôme nous font travailler des exercices adaptés à nos niveaux, prendre de petite vagues de 50 cm pour commencer, longer la plage dans les déferlantes, dans un sens puis dans l’autre, en prenant appui et en gitant sur la vague. Parcourir les trains de vagues et déferlantes en diagonale. Dans un sens, puis dans l’autre. Lancer le bateau sur la vague en cinq coups de pagaies, puis trois, puis deux, puis un. Effectuer un surf en ligne droite le plus longtemps qu’il est possible. Se placer juste en haut de la pente de la vague, afin de garder ses pointes libres de tout ancrage, pour conserver notre manœuvrabilité (je n’ai réussi cela qu’une fois et seulement pendant dix secondes).

En dehors de la technique et pour conclure : l’essentiel est que nous étions content d’être ensemble sous la houlette de nos bienveillants coachs et que nous nous sommes sacrément bien amusés. Certains étaient carrément « cramés avec le sourire » en fin de week-end. Ils, et elles, s’étaient dépensés sans compter.

Vivement la prochaine !

Auteur : Jean-François Delcamp

En dehors de sa passion pour le kayak, Jean-François Delcamp est professeur de guitare classique au Conservatoire de Brest métropole.

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