Réglementation du kayak de mer, à jour au 12 mai 2019

réglementation du kayak de mer
réglementation du kayak de mer

Réglementation du kayak de mer, texte de la Division 240, publié au journal officiel le 12 mai 2019. Dispositions générales, conditions d’utilisation des navires de plaisance, caractéristiques des matériels spécifiques.

Dans l’article suivant, […] indique une partie omise du texte de référence, parce qu’elle ne concerne pas le kayak de mer.

J’ai ajouté en rouge foncé des commentaires propres au kayak de mer. A la suite du texte de la Division 240, vous trouverez des conseils sur l’équipement et les vêtements techniques du kayakiste en mer.

kayak de mer, équipements obligatoires et recommandés
kayak de mer, équipements obligatoires et recommandés
Xplore-L paré pour la grande randonnée du Tour de Bretagne en kayak de mer.
kayak de mer avec son chargement pour la randonnée

Les constructeurs de kayaks, professionnels ou amateurs, doivent tenir compte du texte de la Division 245, applicable depuis le 1er septembre 2015.  Ce texte définit le référentiel technique des navires de plaisance exclus du marquage CE de longueur de coque inférieure ou égale à 24 mètres. Le kayak de mer doit disposer d’une ou plusieurs réserves de flottabilité lui permettant de flotter avec la charge maximale admissible en cas d’envahissement du flotteur.

 

 

MINISTÈRE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET SOLIDAIRE
Direction générale des Infrastructures,
des Transports et de la Mer
Direction des Affaires maritimes

DIVISION 240

RÈGLES DE SÉCURITÉ APPLICABLES À LA NAVIGATION DE PLAISANCE EN MER SUR DES EMBARCATIONS DE LONGUEUR INFÉRIEURE OU ÉGALE À 24 M
[…]
Date de signature : 06-05-2019
Date de parution J.O. : 12-05-2019
[…]

CHAPITRE 1
DISPOSITIONS GÉNÉRALES
Article 240-1.01
Champ d’application
La présente division définit les conditions d’utilisation ainsi que les dispositions relatives au matériel d’armement et de sécurité applicables en mer à tous les engins, embarcations et navires de plaisance à usage personnel ou de formation d’une longueur de coque inférieure ou égale à 24 mètres.
[…]

Article 240-1.02
[…]
II- Définitions des embarcations :
1. Engin de plage : Embarcation ou engin appartenant à l’une des catégories suivantes :
[…]
– les embarcations ou engins principalement propulsés par l’énergie humaine, de moins de 3,50 m de longueur de coque ;
[…]
5. Embarcation ou engin propulsé principalement par l’énergie humaine : flotteur :
– sur lequel (ou à bord duquel) le pratiquant se tient assis, agenouillé ou debout ;
– et conçu pour être propulsé à la force des bras et/ou des jambes du pratiquant.
L’adjonction, à titre accessoire, d’une voile d’appoint (fixe ou aérotractrice) n’est ni nécessaire ni interdite.
Elles comprennent notamment les avirons de mer et les kayaks de mer.
[…]
III- Divers :
[…]
2. Abri : Endroit de la côte où tout engin, embarcation ou navire et son équipage peuvent se mettre en sécurité en mouillant, atterrissant ou accostant et en repartir sans assistance. Cette notion tient compte des conditions météorologiques et de mer du moment ainsi que des caractéristiques de l’engin, de l’embarcation ou du navire.
3. Chef de bord : Membre d’équipage responsable de la conduite du navire, de la tenue du journal de bord lorsqu’il est exigé, du respect des règlements et de la sécurité des personnes embarquées.
4. Location : contrat par lequel, de manière temporaire ou permanente, le propriétaire ou l’exploitant d’un navire s’oblige à en confier l’usage pendant un certain temps à un locataire, moyennant un certain prix que celui-ci s’oblige à lui payer.
[…]
6. Navire auto-videur : navire, embarcation ou engin dont les parties exposées aux intempéries peuvent en permanence évacuer par gravité l’eau accumulée.
[…]

Article 240-1.03
Exercice de la fonction de chef de bord
Le chef de bord s’assure, notamment :
– de l’adéquation de sa navigation avec les caractéristiques de son navire ;
– de la présence à bord, du bon état et de la validité de tous les équipements et matériels de sécurité embarqués ainsi que de leur adaptation aux personnes embarquées ;
– de la mise en œuvre desdits matériels lorsque les circonstances l’exigent.

Article 240-1.04
Exercice de la fonction de chef de bord pour un groupe de navires
La fonction de chef de bord peut être assumée par une seule personne pour un groupe de navires si toutes les conditions suivantes sont satisfaites :
– L’activité a lieu dans le cadre d’activités d’enseignement organisées par un organisme d’État ou par une structure membre d’une fédération sportive agréée par le ministre chargé des sports ;
– elle concerne des voiliers ou embarcations propulsées principalement par l’énergie humaine de masse lège inférieure à 250 kg ;
– la personne exerçant la fonction de chef de bord est un encadrant qualifié au sens du code du sport. Il est embarqué sur un moyen nautique situé à proximité immédiate du groupe qu’il encadre, et peut effectuer sans délai une intervention pour mettre en sécurité les pratiquants.

CHAPITRE 2
CONDITIONS D’UTILISATION
Article 240-2.01
Dispositions générales
[…]
6. À bord des navires, engins et embarcations de plaisance soumis à l’emport d’un équipement individuel de flottabilité (EIF), les enfants de 30 kg maximum disposent d’un EIF de 100 N de flottabilité, quelle que soit la distance d’éloignement d’un abri.
7. Le tableau ci-dessous récapitule les conditions et limites d’utilisation des embarcations régies par la présente division.
[…]

Zones de navigation et matériel d’armement et de sécurité afférent

NaviresJusqu’à 300 m d’un abriDe 300 m à moins de 2 MN d’un abriDe 2 MN à moins de 6 MN d’un abri
Embarcations propulsées par l’énergie humaine hors engins de plageAucun matériel requisBasique spécifique Art. 240-2.10Côtier spécifique Art. 240-2.10

[…]

Section 1
Conditions d’utilisation des navires de plaisance
Article 240-2.02
Dispositions générales
Les informations et les documents nautiques peuvent être rassemblés dans un ou plusieurs ouvrages ou support électronique consultables à tout moment.
Au-delà des caractéristiques techniques requises de la lampe torche qui peut – ou doit, selon les cas – être embarquée, il est recommandé que celle-ci soit flottante.

Article 240-2.03
Navires effectuant une navigation à moins de 2 milles d’un abri – Matériel d’armement et de sécurité basique des navires de plaisance
Le matériel d’armement et de sécurité basique d’un navire de plaisance comprend au minimum les éléments suivants :
1. Pour chaque personne embarquée :
– soit un équipement individuel de flottabilité (EIF), accessible rapidement et aisément, présentant un niveau de performance d’au moins 50 N de flottabilité ;
– soit, si elle est portée, une combinaison humide en néoprène ou sèche assurant au minimum une protection du torse et de l’abdomen, une flottabilité positive et une protection thermique.
Il est recommandé que toute personne qui navigue en solitaire porte en permanence un EIF présentant un niveau de performance d’au moins 50 N de flottabilité auquel est assujetti une VHF portable.
2. Un dispositif lumineux. Celui-ci peut-être :
– collectif. Il est alors constitué d’une lampe torche étanche ayant une autonomie d’au moins 6 heures ;
– ou individuel. En ce cas :
• il doit être étanche et avoir une autonomie d’au moins 6 heures ;
• il doit être soit porté soit fixé à l’équipement individuel de flottabilité mis à la disposition de la personne embarquée ;
• il peut être de type lampe flash, lampe torche ou cyalume.
[…]
4. Un dispositif d’assèchement manuel (écope, seau ou pompe à main) approprié au volume du navire pour les navires non auto-videurs ou ceux qui comportent au moins un espace habitable. Ce dispositif peut être fixe ou mobile.
5. Un dispositif permettant le remorquage (point d’amarrage et bout de remorquage) ;
[…]
7. Un moyen de connaître les heures et coefficients de marée du jour et de la zone considérés. Ce document n’est pas requis en Méditerranée.
8. En dehors des eaux territoriales, le pavillon national doit être arboré.

– Le kayak de mer doit obligatoirement avoir une ligne de vie sur son pourtour, c’est elle qui permet le remorquage. La ligne de vie est un cordage attaché sur le pourtour du kayak permettant une saisie aisée, c’est un élément essentiel de la sécurité. Après un chavirement, la ligne de vie permet d’agripper son kayak ou le kayak de son sauveteur. La ligne de vie permet de remonter sur l’embarcation et repartir, seul et/ou avec de l’aide. On peut glisser, sur le pont arrière et sous la ligne de vie, sa pagaie équipée d’un flotteur, pour remonter plus facilement à bord de son kayak.
– Si vous tombez à l’eau et n’arrivez pas à remonter dans votre kayak de mer, ayez les bons réflexes : ne lâchez jamais votre kayak de mer (ni votre pagaie), la couleur et surtout la grande taille de votre kayak de mer aideront les secours à vous repérer. Vous pouvez tenir votre kayak de mer par la ligne de vie, avec la main, en plaçant toujours votre kayak de mer entre la côte et vous. Si vous vous placez entre votre kayak de mer et la côte et que le courant vous amène vers les roches vous serez poussé contre les roches par votre bateau. Vous pouvez aussi tenir votre kayak de mer en glissant une jambe dans l’habitacle, le kayak vous aide à flotter et vos mains restent libres. Votre pagaie peut vous servir à vous faire remarquer de loin, en la tenant verticalement. Votre pagaie peut aussi vous aider à vous garder roches, si vous dérivez vers elles. Votre pagaie peut aussi vous aider à avancer dans l’eau en pagayant allongé sur l’eau. Si vous êtes seul dans une mer très agitée ou forte et que vous courrez le risque de baigner, accrochez votre leach, ou le bout de votre ceinture de remorquage, à votre ligne de vie. Ainsi, si vous baignez, vous resterez solidaire de votre kayak et les secours vous retrouveront plus facilement. Si par malheur vous lâchiez votre kayak, les secours ne vous verraient probablement pas dans une mer forte. Si les secours sont proches, allumez votre feu à main, votre lampe ou cyalume.

La ligne de vie offre de multiples points d’ancrage à l’avant et à proximité de l’habitacle pour fixer le bout de remorquage.

Ceinture de remorquage Throw Tow 15 mètres fabriqué par °hf
Ceinture de remorquage Throw Tow 15 mètres fabriqué par °hf

Dans la pratique, il nous faut des points d’accroche un peu partout sur le kayak.- Des points d’accroche aux deux pointes, pour que notre kayak puisse être remorqué aussi bien en marche avant qu’en marche arrière. A noter qu’avec un bout long, il faut parcourir 10 ou 15 mètres avant que le remorquage ne débute. Dans les cas d’urgence, si il faut dégager le remorqué très vite : on peut le sortir de la zone dangereuse avec un bout court, puis continuer avec un bout long, une fois sorti de la zone dangereuse. On peut aussi le sortir d’une zone dangereuse sans bout de remorquage ; en se couchant sur la pointe du remorqué afin de solidariser son kayak avec le notre, on pagaye alors de part et d’autre des deux kayaks, en restant constamment couché sur le kayak du remorqué, pour se dégager de la zone.
– Des points d’accroche sur les côtés, afin que le remorqueur puisse constituer un radeau avec le remorqué au moyen d’un bout court. Cela permet au remorqueur de surveiller le remorqué pendant le remorquage. Les points d’accroche sur les côtés permettent aussi de constituer un radeau pour gagner en stabilité et avoir les mains libres pour casser la croute en mer.
Bout long ou bout court :
– Si nous sommes en pleine mer ou dans une zone dégagée, une zone où il n’y a pas d’obstacle sur notre route, nous allons utiliser un bout long de 10 à 15 mètres, ou mieux : une ceinture de remorquage largable contenant un bout long de 10 ou 15 mètres. Le bout long amorti mieux les à coups dus aux vagues. Le bout long limite le risque que le kayak remorqué, partant en surf avec la houle, ne percute le kayak du remorqueur.

Contact Tow de Whetman Equipment
Contact Tow de Whetman Equipment

– Le bout court (par exemple un Contact Tow) est préférable quand l’espace autour de soi est limité ou encombré. Dans les passes à cailloux, ou si il y a des risques de cravate sur des obstacles à cause du courant. Dans ce cas, l’idéal est d’utiliser un bout court qu’on va accrocher au tiers avant, ou au tiers arrière du kayak remorqué, afin que la pointe du kayak remorqué se situe au niveau des genoux du remorqueur, cela pour que le remorqueur ait la place de pagayer sur les deux cotés du radeau constitué par le remorqueur et le remorqué. Le bout court, bien mieux que le bout long, permet de surveiller le remorqué et de réagir vite si inconsciemment le remorqué basculait dans l’eau.

Article 240-2.04
Navires effectuant une navigation de 2 à moins de 6 milles d’un abri – Matériel d’armement et de sécurité côtier des navires de plaisance
Le matériel d’armement et de sécurité côtier d’un navire de plaisance comprend au minimum les éléments suivants :
1. À l’exception des équipements individuels de flottabilité, dont les caractéristiques sont fixées par le présent article, le matériel d’armement et de sécurité basique prévu à l’article 240-2.03.
[…]
3. Autant d’EIF présentant un niveau de performance d’au moins 100 N de flottabilité que de personnes embarquées. Toutefois, ces équipements ne sont pas obligatoires pour les personnes sachant nager et qui portent effectivement :
– un EIF qui présente un niveau de performance d’au moins de 50 N de flottabilité, ou– une combinaison humide en néoprène ou sèche qui présente les caractéristiques suivantes :
a) un niveau de performance de flottabilité minimale positive de 50 N intrinsèque et qui assure la protection du torse et de l’abdomen ;
b) de couleur vive autour du cou ou sur les épaules. Cette dernière exigence n’est pas requise si un dispositif lumineux est fixé en permanence sur la combinaison. Ce dispositif doit être étanche et avoir une autonomie d’au moins 6 heures. Il peut être de type lampe flash, lampe torche ou cyalume.
4. Trois feux rouges à main conformes aux dispositions de la division 311 du règlement.
Ces feux produisent pendant 60 secondes une flamme rouge vif d’une intensité lumineuse supérieure à 15 000 candelas. Un feu à main ne doit être déclenché que quand on se sait visible d’un tiers. On l’utilise de préférence pour localiser sa position lorsque les secours, déjà alertés, sont en phase d’approche. Très souvent, ce sont les avions et les hélicoptères de recherche, ainsi que les bateaux de secours qui réclament leur mise à feu – quand la connexion radio est maintenue – pour faciliter leur approche. Il faut tenir le feu éloigné de soi, sous le vent et au-dessus de l’eau, ne pas regarder trop longtemps la flamme. En fin de combustion, laisser tomber le feu dans l’eau en ouvrant la main. Il faut se méfier des feux qui ne fonctionnent pas du premier coup, et toujours diriger la flamme à l’écart de soi et des autres. http://www.voilesetvoiliers.com/securite/feux-a-main-fusees-et-fumigenes-tu-percutes/
5. Un compas magnétique étanche, conforme aux normes ISO pertinentes ou un système de positionnement satellitaire étanche faisant fonction de compas.
6. La ou les cartes marines, ou encore leurs extraits, officiels, élaborés à partir des informations d’un service hydrographique national. Elles couvrent les zones de navigation fréquentées, sont placées sur support papier ou sur support électronique et son appareil de lecture, et sont tenues à jour.
7. Le règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM), ou un résumé textuel et graphique, éventuellement sous forme de plaquette autocollantes ou un support électronique et son appareil de lecture.

Kayak de mer, marques de balisage, règles de barre et de route – CK/mer
Kayak de mer, marques de balisage, règles de barre et de route – CK/mer

8. Un document décrivant le système de balisage de la zone fréquentée, éventuellement sous forme de plaquettes autocollantes ou sur support électronique et son appareil de lecture.
[…]
Article 240-2.07
Règlement international pour prévenir les abordages en mer
Les navires de plaisance sont astreints au respect des dispositions rendues applicables, selon les caractéristiques du navire, par le décret 77-733 du 6 juillet 1977 portant publication de la convention sur le règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer, faite à Londres le 20 octobre 1972.
[…]
Article 240-2.10
Conditions d’utilisation des embarcations et engins propulsés principalement par l’énergie humaine
1. Principe de la limitation à 300 mètres d’un abri de la navigation des embarcations et engins propulsés principalement par l’énergie humaine
Les embarcations et engins propulsés principalement par l’énergie humaine effectuent une navigation exclusivement diurne.
Leur navigation est limitée à une distance d’un abri n’excédant pas 300 mètres. Ils ne sont pas astreints à l’emport de matériel d’armement et de sécurité.
2. Extension de la navigation diurne jusqu’à 2 milles d’un abri – matériel d’armement et de sécurité basique des embarcations et engins propulsés principalement par l’énergie humaine
La navigation d’une embarcation ou d’un engin propulsé(e) principalement par l’énergie humaine est autorisée jusqu’à 2 milles d’un abri si toutes les conditions suivantes sont respectées :
– il (elle) ne présente pas les caractéristiques d’un engin de plage ;
– le flotteur comporte un dispositif qui permet à un pratiquant, après un chavirement de rester au contact du flotteur, de remonter sur l’embarcation et de repartir, seul ou le cas échéant, avec l’assistance d’un accompagnant ;
– il est embarqué autant d’EIF présentant un niveau de performance d’au moins 50 N de flottabilité que de personnes à bord. Cet équipement peut être remplacé par une combinaison humide en néoprène ou sèche assurant au minimum une protection du torse et de l’abdomen, une flottabilité positive et une protection thermique si elle est portée en permanence ;
– un moyen de repérage lumineux est embarqué. Il doit être étanche et avoir une autonomie d’au moins 6 heures. Il peut être de type lampe flash ou lampe torche. Il peut également être de type cyalume, à condition que ce dispositif soit assujetti à chaque EIF ou porté effectivement par chaque personne à bord.
En outre :
– les engins non auto-videurs ou ceux qui comportent au moins un espace habitable embarquent un dispositif d’assèchement manuel (écope, seau ou pompe à main) approprié au volume de l’engin. Ce dispositif peut être fixe ou mobile ;
– les kayaks de mer sont dotés d’un dispositif intégré ou solidaire de la coque permettant le calage du bassin et des membres inférieurs.
3. Extension de la navigation diurne jusqu’à 6 milles d’un abri – matériel d’armement et de sécurité côtier des engins propulsés principalement par l’énergie humaine
À l’exception des planches à pagaie, les embarcations et engins propulsé(e)s principalement par l’énergie humaine qui ne sont pas des engins de plage sont autorisées à naviguer jusqu’à 6 milles d’un abri si toutes les conditions suivantes sont respectées :
– cette navigation s’effectue à deux embarcations de conserve minimum. Toutefois, une telle navigation peut être réalisée à une seule embarcation si le pratiquant est adhérent à une association déclarée pour cette pratique et emporte un émetteur-récepteur VHF conforme à l’alinéa suivant ;
– chaque groupe de deux embarcations dispose d’un émetteur-récepteur VHF conforme aux exigences de l’article 240-2.20, étanche, qui ne coule pas lors d’une immersion, et est accessible en permanence par le pratiquant ;
Outre le matériel d’armement et de sécurité basique prévu au 2. du présent article, l’embarcation emporte :
– trois feux rouges à main conformes aux dispositions de la division 311 du règlement ;
– un compas magnétique étanche, conforme aux normes ISO pertinentes ou un système de positionnement satellitaire étanche faisant fonction de compas ;
– la ou les cartes marines, ou encore leurs extraits, officiels, élaborés à partir des informations d’un service hydrographique national. Elles couvrent les zones de navigation fréquentées, sont placées sur support papier ou sur support électronique et son appareil de lecture, et sont tenues à jour ;
– le règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM), ou un résumé textuel et graphique, éventuellement sous forme de plaquettes autocollantes ou sur support électronique et son appareil de lecture ;
– un document décrivant le système de balisage de la zone fréquentée, éventuellement sous forme de plaquettes autocollantes ou sur support électronique et son appareil de lecture.
L’EIF présentant un niveau de performance d’au moins 50 N de flottabilité de 50N prévue au 2. du présent article peut être remplacé par une combinaison humide en néoprène ou sèche effectivement portée présentant les caractéristiques suivantes :
a) flottabilité minimale positive de 50 N intrinsèque ou par adjonction d’un équipement individuel de flottabilité, protection du torse et de l’abdomen ;
b) couleur vive autour du cou ou bien sur les épaules. Cette dernière exigence n’est pas requise si un dispositif lumineux est fixé en permanence sur la combinaison ou l’équipement. Ce dispositif doit être étanche et avoir une autonomie d’au moins 6 heures. Il peut être de type lampe flash, lampe torche ou cyalume.
[…]
Section 3
Exemptions et dérogations aux conditions d’utilisation des navires de plaisance, embarcations et engins de loisirs nautiques
[…]
Section 4
Caractéristiques des matériels spécifiques
Article 240-2.16
Caractéristiques des équipements individuels de flottabilité
I. Les équipements individuels de flottabilité (EIF) à bord des navires, embarcations et engins de plaisance sont adaptés à la morphologie des personnes embarquées.
[…]
Article 240-2.19
Caractéristiques de la trousse de secours

Division 240-2.16 : Caractéristiques de la trousse de secours

ArticlePrésentationRemarques
Bande autoadhésive (10cm)Rouleau de 4 mType Coheban
Compresses de gaze stérilesPaquet de 5Taille moyenne
Pansements adhésifs stériles étanches1 boiteAssortiment 3 tailles
Coussin hémostatiqueUnitéType CHUT
SparadrapRouleau
Gants d’examen non stériles10 paires
Gel hydroalcooliqueFlacon 75 ml
Couverture de survieUnité
ChlorhexidineSolution locale - 5 ml à 0,05
%

Concernant la trousse de secours idéale pour le kayak, voyez sur le site d’Alain Heluwaert, médecin du sport, l’article consacré à la trousse de secours.
[…]
CHAPITRE 3
[…]
Annexe 240-A.1
Le tableau ci-dessous résume les dispositions d’embarquement du matériel d’armement et de sécurité des navires de plaisance, sans se substituer aux articles pertinents du chapitre 2.

Dispositions d'embarquement du matériel d'armement et de sécurité pour le kayak de mer. Ces dispositions s'ajoutent aux conditions d'utilisation signalées plus haut.

MatérielBasique (de 300 mètres à 2 milles nautiques d'un abri )Côtier (de 2 à 6 milles nautiques d'un abri )
Équipement individuel de flottabilité (Gilet 50 Newton minimum. 100 N pour les enfants)xx
Un dispositif lumineux étanche ayant une autonomie d’au moins 6 heures assujetti au gilet.xx
Dispositif d’assèchement manuel (écope ou pompe)xx
Dispositif de remorquagexx
Annuaire des maréesxx
Trois feux rouges à mainx
Compas magnétiquex
Cartes marines officiellesx
Règlement international pour prévenir les abordages en merx
Description du système de balisagex

Fin des extraits du texte de la Division 240 concernant le kayak de mer.

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La protection de la faune et de la flore entraine des interdictions de débarquement, en particulier lors des périodes de nidification, à ce sujet, voyez les réglementations de l’accès aux îles de Bretagne.

 

 

2 / Équipements et vêtements techniques du kayakiste en mer

Météo-France, tableau des températures ressenties en fonction du vent.
Météo-France, tableau des températures ressenties en fonction du vent.

Avertissement :
En dehors de la noyade, l’hypothermie en mer est le grand danger qu’il faut connaître pour mieux s’en prémunir. L’hypothermie en mer peut survenir même en été.
Pour vos vêtements de kayak, évitez les matières hydrophiles comme le coton et préférez les matières hydrophobes comme le polypropylène.
Équipement type du kayakistes en mer :
– T-Shirt en polypropylène (le polypropylène est une matière quasi hydrophobe : l’humidité traverse les fibres sans y rester, ce qui limite la prolifération des bactéries). Ou bien T-Shirt en laine de mérinos si il fait froid.
– Longjohn ou short en Néoprène (le Néoprène permet une meilleure flottabilité du kayakiste et permet aussi de limiter la déperdition de chaleur).
– Chaussures fermées (avec une semelle bien sculptée pour ne pas glisser).
– Vareuse imperméable, adaptée à l’immersion, selon la saison.
– Attache lunettes, lunettes de soleil et chapeau pour se protéger du soleil.
– Casque (indispensable en rase-cailloux ou à proximité des roches).
– Mitaines ou gants

Jef avec l'Aquanaut Club de Valley.
Kayak en hiver avec une combinaison sèche

Quand la mer est à moins de 17°, j’utilise une combinaison sèche pour la pratique du kayak de mer.
Une combinaison sèche peut nous éviter l’hypothermie si il nous arrive de dessaler en mer et d’être incapable de remonter dans notre bateau. A terre, pendant le pique-nique du midi, le vent sur les vêtements mouillés et le fait d’être immobile peut déclencher un début d’hypothermie. Enfiler un poncho ou une cape de pluie pendant la pause nous protège de ce risque.

Matériel non obligatoire mais indispensable :
– Des vêtements adaptés à la météo et à une possible immersion.
– Une montre étanche fixée sur le gilet (pour se situer par rapport aux horaires de marées ou pour faire le point).
– Une pagaie de secours.
– Un sifflet (pour communiquer avec les autres kayakistes).
– Une corne de brume (pour se signaler aux bateaux qui ne peuvent nous voir).
– Une carte des courants, excepté en Méditerranée.
Matériel non obligatoire mais préconisé :
– Un casque (en rase-cailloux ou à proximité des roches).
– Une paire de chaussures fermées.
– De l’eau et des barres énergétiques ou fruits secs. En France métropolitaine, comptez 1,5 litre d’eau par jour en hiver, à 4 litres d’eau par jour en été.
– Un couteau toujours aiguisé, capable de trancher rapidement un bout de remorquage.
– Un téléphone portable en pochette étanche.
– Des vêtements secs en sac étanche pour soi ou pour un autre.
– Un GPS
– Un chariot (démontable) de transport de kayak
– Crème solaire indice 50 +,
– Une boite à pharmacie (voir plus haut dans l’article)
– Une grosse éponge.
– Une thermos.
– Une écope sabot (aussi peut servir de pot de chambre en mer).
– Un miroir de signalisation.
– Une boussole de secours, au cas ou le compas magnétique étanche soit hors service.

PaddleFloat Palm pour le kayak de mer
PaddleFloat Palm pour le kayak de mer
PaddleFloat Hiko pour le kayak de mer
PaddleFloat Hiko pour le kayak de mer

Le flotteur de pagaie (paddle float) gonflable Palm se gonfle en 4 expirations (j’ai testé). Je le place, plié, sur le côté de mon siège, à porté de main.

Un flotteur de pagaie en mousse, ou constitué de deux planches de natation reliées entre elles par des chambres à air est plus encombrant mais à l’avantage de pouvoir tenir lieu de mini siège lors des bivouacs.

Informations complémentaires pour la pratique du kayak de mer :
– S’habiller pour la pratique du kayak de mer en Bretagne. En été : un « Top thermique », un short et éventuellement une vareuse. En Automne et au printemps : un top, une vareuse avec double cheminée et un LongJohn en néoprène . En hiver une combinaison sèche avec un top thermique en mérinos plus un caleçon long.
– Que vous l’ayez construit vous-même ou que vous l’ayez acheté, un kayak de mer homologué ou homologable est un kayak de mer conforme aux normes définies par la Division 240. Si votre kayak est homologué, ou conforme, à la Division 240, vous pouvez demander son immatriculation aux affaires maritimes. Si vous construisez vous-même votre kayak, il doit être conforme au texte de la Division 245. La division 245 définit les exigences techniques et de construction des navires non soumis au marquage CE.
* Au sujet des dimensions du kayak de mer, voir l’article Choisir un kayak de randonnée en mer.

Entretien de vos vêtements de kayak : rincez à l’eau douce vos vêtements après chaque usage pour enlever le sel et le sable. Pour la combinaison sèche, le mieux est de prendre une douche avec, cela évite que l’eau rentre à l’intérieur du vêtement. Le sel, si il se dépose, crée des plaques et craquelle le tissu progressivement, il soude les fermetures éclairs. Il est conseillé de rincer son équipement de kayakiste avec de l’eau froide ou à peine tiède. Pendant le rinçage, brossez les fermetures éclair avec une brosse à dent pour bien évacuer le sel et le sable. Ensuite, faites immédiatement sécher vos vêtements (intérieur et extérieur) sur un cintre auquel vous avez ajouté des manchons d’isolation en mousse : cela pour que le vêtement ne plisse pas aux épaules.
Ne séchez pas vos vêtements au soleil ou à la pleine lune (l’un comme l’autre ferait perdre ses qualités d’imperméabilité à votre vêtement). Séchez vos vêtements de kayak à l’ombre, si possible au vent. En séchant rapidement vos vêtements, vous éviterez que s’y développent des bactéries qui généreraient des odeurs désagréables.
Une fois parfaitement secs, entreposez vos vêtements de kayak sur cintre garni de mousses, plutôt que pliés, cela pour ne pas « casser » les fibres. Autrement le tissu du vêtement risque de craqueler ou de cloquer.
Les bactéries sont responsables des éventuelles mauvaises odeurs de vos vêtements de kayak. Les bactéries se développent si :
– le vêtement est mal rincé
– le séchage est long
– les vêtements ne sont pas rapidement retournés et séchés sur leur deuxième face.
Pour supprimer les odeurs qui demeurent après rinçage et séchage de vos vêtements de kayak :
Après rinçage et séchage, saupoudrer la partie malodorante du vêtement au bicarbonate de soude et laisser agir un ou plusieurs jours.
Le bicarbonate de soude est un produit de consommation courante qui est un excellent antibactérien et antiseptique. On peut l’utiliser pour neutraliser l’action des bactéries. La plupart de nos émanations corporelles n’ont pas d’odeur, c’est l’intervention des bactéries qui les utilisent pour leur développement qui crée ces odeurs. Le coût d’utilisation du bicarbonate de soude est presque inexistant : 5 € le sac d’un kilo, soit plusieurs années d’entretien de son équipement de kayakiste.
Pour enlever les taches de vos vêtements de kayak:
– Le lavage en machine est fatal à la plupart des vêtements techniques pour le kayak, tels que les : vareuse, pantalon, combinaison sèche, top thermique, gant, cagoule, chapeau, bottillon et gilet.
– Utilisez de préférence le savon noir ou le véritable savon de Marseille, ce sont également de très bons antibactériens. Ensuite rincez et séchez.
– Le lavage à 30° maxi sans essorage, ou avec essorage très doux, est possible (mais pas recommandé) pour le néoprène et les vêtements en Aquatherm®. Surtout, ne pas laisser les vêtements en néoprène ou en Aquatherm® en attente dans la machine à laver : sortez les pour les sécher dès que le cycle est fini, sinon les bactéries vont se développer très vite.
Pour le séchage voyez les conseils donnés plus haut.
Rangement des vêtements de kayak :
Si vous ne les utilisez pas pendant longtemps, pensez à stocker vos vêtements non pliés, sur cintres garnis de mousses. Pour les manchons et chaussettes de combinaison sèche, vous pouvez les talquer avant les mois d’inactivité. Pensez à laisser toutes les fermetures à glissière ouvertes afin de relâcher les contraintes sur les dispositifs d’étanchéité.
Réparation d’une combinaison sèche :
Voyez ce tutoriel en photos : Réparer une combi avec Aquaseal.

7 réflexions sur « Réglementation du kayak de mer, à jour au 12 mai 2019 »

  1. Merci pour votre site qui est très explicite et bien documenté. C est un vrai bonheur pour moi qui souhaite acquérir un kayak de mer et son équipement pour naviguer en Bretagne. Cela évite bien des erreurs d achat. Après la lecture de l article sur le choix du kayak, j ai pris un peu de recul et j ai pris conscience sur l importance de son choix (ergonomie,taille, poids du kayak et de son utilisateur et utilisation future). A présent j avoue être plus perplexe et chercher un vendeur comme Fabien du magasin békayak qui puisse me renseigner. J ai l impression de devoir chercher un kayak comme si je cherchais une bonne paire de chaussure. Encore un grand merci pour vos articles plein d expérience et bonne continuation !!!

  2. Cher monsieur un grand MERCI. Votre site est très clair, très fourni (je n’ai pas les capacités pour savoir s’il est complet, ignorant tout du kayak). Que d’heures de travail j’imagine! Je n’arrive pas à trouver un stage d’initiation au kayak de mer avant Avril. Si vous avez une adresse à me proposer …Joyeux Noël.

    1. Bonjour Jean-Claude,
      si vous envisagez un stage en Bretagne, je vous recommande les professionnels cités au début de l’article : Guides de kayak de mer
      Avec eux, vous allez vous régaler et apprendre, ils sont tops !

      Si, sur leurs sites, ces guides de kayak de mer n’indiquent rien avant avril, peut être vous pouvez les contacter par mail. Des fois ils n’indiquent pas tous les stages qu’ils organisent dans leur calendrier.

      Vous avez aussi la possibilité de cours particulier.
      Actuellement, au jour de la rédaction de cette réponse, un(e) professionnel(le) peut vous demander 40/50€ pour un cours particulier d’une demi-journée de 4h, 80/100 € pour une journée complète de 8h.
      Si vous vous associez avec d’autres pour constituer un groupe, par exemple de 4 à 6 personnes, le tarif sera moins élevé : 45/55 € par personne. Si vous êtes un groupe constitué en club ou association, il vous demandera 500 € la journée.

      Si c’est quelque part en France, là je ne peux pas vous aider, hors de la Bretagne je ne connais pas assez bien.

      Comme vous êtes débutant, il se peut qu’un club de kayak soit l’idéal pour vous. Il y en a dans toute la France. Si vous faites une recherche sur le Web en indiquant les termes « club de kayak » + « le nom de votre département », vous allez trouver.

      Je vous recommande mon article : Débuter en kayak de mer ponté.
      Actuellement, au jour de la rédaction de cette réponse, l’adhésion à un club FFCK (Fédération Française de Canoë-Kayak), avec les cours d’un moniteur et le prêt du matériel, coûte entre 200 et 400 € l’année. Comme beaucoup d’autres, j’ai commencé la pratique et l’apprentissage du kayak en m’inscrivant à un club : le CKB à Brest.

      Joyeuses fêtes

      1. Merci Jean-François pour cette réponse rapide et complète.
        Par ailleurs, en reliant entre elles toutes les pages de votre blog vous pourriez faire un sacré bouquin!
        Bonne fin d’année.
        Jean Claude Cuer

  3. Bonjour Jean-François,
    Bravo pour ton article très complet comme toujours. Je viens de me replonger sur le texte. Il me semble que le pavillon national à l’étranger n’est pas obligatoire pour nos kayaks. Il ne fait pas partie du paragraphe II de l’article 240-2.06. On le trouve seulement au paragraphe I du même article qui ne concerne que les embarcations à moteur.
    Bien amicalement

    1. Bonjour Vincent,
      merci pour ce retour.
      J’ai supprimé de l’article la phrase qui n’avait pas lieu d’être.

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